Verkor, le petite start-up française de la grosse industrie de la batterie, inaugure son usine pilote

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Inauguration de l’usine Verkor de production de batteries pour voitures, jeudi 29 juin à Grenoble (Isère), en présence des ministres Roland Lescure, Olivia Grégoire et Carole Grandjean.

C’est un sursaut qui fait plaisir à voir. Après l’inauguration de la gigafactory de batteries d’ACC, la coentreprise de Stellantis, TotalEnergies et Mercedes-Benz à Douvrin et Billy-Berclau (Pas-de-Calais) le 30 mai, la start-up grenobloise Verkor, fondée en 2020, vient de démontrer elle aussi qu’elle n’était « plus une entreprise PowerPoint », référence au logiciel de Windows qui permet de faire de belles présentations. « Vous allez voir l’usine », a lancé jeudi 29 juin, lors de l’inauguration, son cofondateur et président, Benoit Lemaignan.

Ce n’est pas encore une gigafactory comme celle d’ACC, mais l’étape d’avant : celle de l’usine pilote, qui permet de tester le procédé d’industrialisation. Installée entre les rails et l’Isère, en suivant la piste cyclable depuis la gare, elle fait 12 500 mètres carrés et produira des batteries pour 15 000 voitures, dont le futur crossover électrique d’Alpine, marque du groupe Renault, actionnaire de Verkor. Le bitume vient juste d’être coulé pour terminer le parking avant la visite de trois ministres – Roland Lescure (industrie), Olivia Grégoire (PME et artisanat) et Carole Grandjean (enseignement et formation professionnelle) –, mais aussi des représentants de nombreuses banques ou fonds d’investissement.

L’ancien site industriel, qui accueillait depuis 1920 les activités de Merlin Gerin, devenu Schneider Electric, avant de fermer ses portes en 2012, a été transformé en un temps record pour devenir le Verkor Innovation Center (VIC). « Je suis venu il y a huit mois et il n’y avait que des murs », a reconnu Roland Lescure, soutien sans faille à la transformation de la filière automobile vers l’électrification.

Près de 40 nationalités présentes

Verkor compte 350 salariés de 38 nationalités. Ce n’est pas un détail. Pour démarrer une filière inexistante en France, elle a fait appel à des ingénieurs et des techniciens de pays qui la maîtrisent, dont le patron de l’industrialisation, le Coréen Sam Kim, qui a œuvré en Chine, en Corée et aux Etats-Unis.

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Deux cofondateurs de Verkor (Christophe Mille, directeur technique, et Philippe Chain, directeur de la clientèle) ont, eux, travaillé chez Tesla. « J’y étais en 2011, au moment du lancement de la Model S. Pour moi, cela a été un moment charnière, explique Philippe Chain. C’était juste après la crise des subprimes, l’industrie automobile était en pleine restructuration en Europe, on ne sentait pas le second souffle. Aller chez Tesla, c’était tout à coup voir l’avenir de la mobilité. » Il y a surtout découvert « une façon de croire en son destin, d’aller vite, de prendre des risques, même pour faire des autos ». Et une envie de vivre l’aventure de la création d’entreprise, sans en sous-estimer les difficultés.

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