Tatyana McFadden a fait le pari d’utiliser un fauteuil révolutionnaire pour étendre sa domination

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En principe, l’argent ou le bronze ne l’intéressent pas. Son truc à elle, c’est l’or, et rien d’autre. À 34 ans, Tatyana McFadden a raflé tout ce qu’il était possible de gagner dans la catégorie T54 (*) : quinze titres mondiaux et dix-neuf médailles paralympiques, dont huit en or.

Alors, quand l’Américaine n’en finissait plus d’arborer un immense sourire mardi soir après avoir décroché la troisième place du 800 m, il semblait évident que quelque chose avait changé.

« Ce n’est pas dans mes habitudes de dire ça mais je suis vraiment très fière de moi et de cette médaille de bronze car c’était ma première course avec mon nouveau fauteuil, que j’ai depuis le mois d’avril, confiait la légende de Baltimore, touchée dès la naissance par la spina bifida, une malformation de la colonne vertébrale et de la moelle épinière qui la paralyse au niveau des jambes. J’ai dû gérer ma nervosité, ce n’était pas évident mais c’était une très bonne leçon. Ça va bientôt faire vingt ans que je suis dans le milieu mais je continue d’apprendre. »

« Les différences sont majeures, la poussée n’est pas du tout la même

Pour mener à bien son rêve de finir sa carrière en beauté en 2028 aux Jeux de Los Angeles, McFadden savait que ses futurs succès passeraient par un changement de bolide. « 2028, c’est loin ! C’était la suite logique, l’évidence était de plus en plus grande. »

Quand est venue l’heure de choisir, la fameuse évidence lui a sauté aux yeux. Son pendant masculin, le Suisse Marcel Hug, venait de tout gagner à Tokyo (quatre médailles d’or) grâce à un fauteuil révolutionnaire en carbone. Il le lui fallait aussi.

« J’ai dit à Marcel : s’il te plaît, intègre-moi au projet !, rembobinait-elle mardi. Les différences sont majeures, la poussée n’est pas du tout la même, ça demande une modification technique importante. Ça fait quatre mois que je m’entraîne avec mais j’ai réalisé de nombreux tests en amont pour obtenir le meilleur résultat possible. »

Un bijou technologique de plus de 30 000 euros

Développée par la société suisse Orthotec, en collaboration avec l’écurie de Formule 1 Sauber, cette nouvelle terreur de la piste, estimée à plus de 30 000 euros, est le fruit d’essais en soufflerie semblables à ce qui se fait en F1.

Optimisation du poids, de l’ergonomie, de la pénétration dans l’air : tout y passe. Si Hug domine outrageusement chacune de ses courses, avec parfois presque un tour d’avance sur la concurrence, McFadden n’en est pas encore là.

« Je ne veux pas brûler les étapes, ça va venir, assure-t-elle. Ce fauteuil vous demande d’être plus qu’une athlète, il faut être une pilote. Je dois encore comprendre ce que je dois faire ou non. C’est super excitant et très motivant, je ne me fixe pas de limite. » Avec une 21e médaille mondiale à aller chercher dès ce matin (9 h 31) en finale du 1 500 m, l’excès de vitesse ne devrait pas être loin.



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