pourquoi la vérification de l’âge a tant de mal à se mettre en place

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Cinq sites pornographiques risquent d’être interdits en France. Malgré trois solutions en phase d’expérimentation, aucun système de vérification de l’âge n’est aujourd’hui adopté.

L’accès à cinq sites en France – dont Pornhub, XVideos ou XHamster – est suspendu à la décision du tribunal de Paris. Il doit décider de leur maintien ou de leur blocage ce vendredi 7 juillet. Interdits aux mineurs, ces sites font aujourd’hui face à leur incapacité à vérifier l’âge de leurs visiteurs.

Depuis juillet 2020, les sites pornographiques ne peuvent plus – du moins en théorie – se contenter d’une déclaration en un clic et doivent vérifier l’âge de leurs visiteurs. Seul problème, trois ans plus tard, aucune solution n’a encore été adoptée.

Si Jean-Noël Barrot souhaite que le tribunal de Paris “soit exemplaire” et “bloque ces cinq sites”, le ministre délégué au Numérique a annoncé une expérimentation pour trouver une solution de vérification de l’âge en “double anonymat”.

“Le ministre a appelé les entreprises privées à se saisir du sujet et à proposer des solutions”, résume auprès de Tech&Co le cabinet de Jean-Noël Barrot, qui précise ne pas s’être engagé davantage dans cette procédure de test.

Scanner un QR code pour accéder à un site

Ainsi, trois acteurs sont entrés en phase de test: Docaposte, IN Groupe (en association avec Orange) et GreenBadg. Pour chacune de ces solutions, l’utilisateur s’appuiera sur une application mobile pour attester de son âge.

Depuis dix jours, Jacky Lamraoui, le fondateur de GreenBadg, voit donc sa solution sollicitée. Lancée l’année dernière, cette start-up récupère la carte d’identité d’une personne et un selfie vidéo de son visage. C’est ensuite son partenaire IDNow qui s’occupe des vérifications.

Dans son fonctionnement, la solution de vérification de l’âge de GreenBadg demande à un visiteur d’un site pornographique de scanner un QR code depuis l’application en question. Cette dernière fait alors le lien avec la date de naissance affichée sur la carte d’identité enregistrée auparavant.

La validation d’accès est ainsi transmise instantanément au site, qui déverrouille son contenu. C’est également à travers une application mobile que les autres solutions en cours de test foncontionneront.

Mais chez le groupe Dorcel, spécialisé dans la pornographie, qui participe aux tests en cours, les solutions semblent loin d’être satisfaisantes. Le président du groupe, Grégory Dorcel, a ainsi déclaré au Monde: “Les tests montrent qu’il y a encore beaucoup de chemin pour que ces solutions soient efficaces et adoptées par le grand public, avec une expérience utilisateur qui soit satisfaisante.”

Un référentiel technique qui se fait attendre

Surtout, le flou actuel risque de perdurer encore longtemps. Depuis des mois, les sites pornographiques se cachent derrière la publication d’un référentiel technique pour justifier leur non conformité à la loi. Ce document doit encadrer les solutions pour vérifier l’âge des visiteurs de site pour adulte. Attendu en février dernier, il se fait toujours attendre.

Mais le projet de loi pour sécuriser internet, adopté en première lecture au Sénat ce mercredi 5 juillet, prévoit de donner un délai de six mois à l’Arcom pour publier ce référentiel après sa promulgation. Ainsi, l’adoption de la loi, prévue au mois d’octobre, imposerait une publication du document technique avant le mois d’avril 2024.

Pourtant, la réflection pourrait grandement avancer si le tribunal de Paris venait à interdire l’accès des principaux sites porno en France. Les Français ont décroché la troisième place des plus grands consommateurs de Pornhub en 2022. Cependant les habitudes françaises pourraient changer. En cas d’instauration d’un système de vérification, 27% des Français renonceraient à leur visite sur des sites pornographiques.



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