Pour les personnes transgenres, le risque de faire une tentative de suicide est près de huit fois plus important, selon une étude danoise inédite

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Au Danemark, le risque de faire une tentative de suicide est près de huit fois plus important pour les personnes transgenres que pour le reste de la population, selon la première étude nationale sur le sujet, publiée mardi 27 juin dans la revue scientifique Journal of the American Medical Association.

Cette étude est la première au monde à présenter des statistiques nationales. Jusqu’à présent, seules des données partielles étaient disponibles, mais elles montraient déjà que suicide et tentatives de suicide étaient beaucoup plus fréquents chez les personnes transgenres.

Aux Etats-Unis, selon l’Académie américaine de pédiatrie, plus de 56 % des jeunes transgenres ont eu des idées suicidaires au cours de leur vie et 31 % ont fait au moins une tentative de suicide.

« Le Danemark est connu pour être un pays assez libéral. On pourrait donc craindre que les taux soient plus élevés dans d’autres pays, où les personnes transgenres sont davantage stigmatisées, discriminées et victimes de crimes haineux », analyse la sociologue Annette Erlangsen, interrogée par l’Agence France-Presse (AFP).

Le phénomène du « stress minoritaire »

L’étude danoise, réalisée entre 1980 et 2021 sur plus de 6,6 millions de Danois de plus de 15 ans à partir de données issues du registre national d’identité, montre que le risque de mourir par suicide est trois fois et demie plus élevé pour les personnes transgenres que pour le reste de la population.

Sur 3 759 personnes transgenres identifiées, l’étude a recensé 12 suicides et 92 tentatives de suicides sur la période. Sur ces quarante-deux ans, le taux de mortalité par suicide s’est élevé à 75 pour 100 000 pour les personnes transgenres contre 21 pour les personnes non transgenres.

Comment expliquer ces chiffres ? Pour la responsable du projet, cela tient principalement au phénomène du « stress minoritaire ». « Lorsque vous appartenez à un groupe minoritaire marginalisé, comme c’est le cas des personnes transgenres, vous éprouvez plus de stress », explique la sociologue Annette Erlangsen, évoquant « des situations difficiles » comme le choix des toilettes publiques à utiliser.

« Lorsqu’on est en contact avec le système de santé, les examens physiques peuvent être très difficiles à affronter pour les personnes transgenres », développe-t-elle. « Nous espérons que nos résultats élimineront les derniers doutes sur le fait que les personnes transgenres forment un groupe vulnérable », estime le professeur de santé sexuelle et épidémiologie Morten Frisch, coauteur de l’étude.

En outre, « les tentatives de suicide et les morts par suicide que nous avons observées et analysées ne représentent que la partie émergée de l’iceberg », affirme-t-il. « En dessous se trouve un fardeau encore plus lourd de problèmes de santé mentale moins visibles, tels que la solitude, l’anxiété, la dépression et l’automutilation non suicidaire chez les personnes transgenres », explique le médecin.

Des résultats « préoccupants, mais pas surprenants »

D’après l’étude, la proportion de personnes présentant des troubles psychiatriques est environ six fois plus élevée chez les personnes transgenres (42,9 %) que dans le reste de la population (7,1 %). « Les personnes transgenres sont plus susceptibles de souffrir de troubles mentaux en raison du stress qu’elles subissent dans la société. Cela peut également conduire à ce que nous appelons des comportements à haut risque », renchérit sa collègue.

« Les gens peuvent avoir recours à d’autres types de stimulants tels que l’alcool ou les stupéfiants, ce qui peut également entraîner d’autres problèmes de santé », relève-t-elle.

Interrogée par l’AFP, l’association danoise LGBT + a jugé les résultats de l’étude « profondément préoccupants et très douloureux, mais pas surprenants ». « Je pense que nous pouvons utiliser l’étude pour lancer davantage d’initiatives dans ce domaine, afin d’offrir un meilleur soutien », propose la directrice de l’association, Susanne Branner.

Par exemple, il s’agit de mieux former le personnel soignant, mais aussi de « changer le discours sur la transsexualité, afin que tout le monde comprenne mieux ce que c’est d’être une personne transgenre », ajoute-t-elle, se félicitant d’une évolution déjà positive des mentalités.

Le Monde avec AFP

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