pour le renseignement territorial, il y a chez certains émeutiers « une violence qui vise à tuer »

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Des émeutiers plus jeunes, très réactifs aux réseaux sociaux, sans tabou par rapport à la violence et au vol. Tel est le constat fait, à chaud, par la direction nationale du renseignement territorial (DNRT) sur les émeutes urbaines qui agitent la France depuis bientôt une semaine. Premier enseignement : cette crise, d’ampleur nationale, s’inscrit dans une suite de crises quasi ininterrompue : « gilets jaunes » puis manifestations anti-vaccination lors de la pandémie de Covid-19, mouvement contre la réforme des retraites, manifestations anti-bassines à Sainte-Soline et aujourd’hui émeutes urbaines.

Pour ce service de renseignement du second cercle, qui traite de toutes les formes de violences et de radicalité hors du ressort de la préfecture de police de Paris – qui regroupe la capitale et la petite couronne –, l’éclatement de violences urbaines est arrivé sans signes avant-coureurs après une Fête de la musique, le 21 juin, particulièrement calme. « Dix jours avant la mort de Nahel, un jeune homme d’origine guinéenne est mort dans des circonstances similaires à Angoulême sans provoquer de troubles », explique une source du renseignement territorial. Dans le cas de Nahel, la diffusion de vidéos et le fait que le drame se produise à Nanterre ont joué un rôle majeur. Il n’a pas fallu plus de vingt-quatre heures pour que les troubles, qui ont débuté sur place, se diffusent dans le reste du pays.

« Les réseaux sociaux jouent un rôle essentiel dans la diffusion des images de violences, provoquant des phénomènes d’imitation et d’émulation. Ils servent aussi à se concerter en direct pour se rassembler, commettre des pillages, éviter les forces de l’ordre ou aller au contact », ajoute notre interlocuteur. Autre nouveauté, de petites villes de province comme Limoges et des sous-préfectures ont été la proie de violences inédites, jusque dans les centres-villes. La troisième couronne parisienne, qui va de Val-de-Reuil et Evreux (Eure) à Dreux (Eure-et-Loire) ou Montargis (Loiret), y compris Auxerre (Yonne), peut-être désormais considérée comme une grande banlieue de Paris avec des problèmes de pauvreté et de marginalisation. Une zone sans les avantages de la ville ni ceux de la campagne et avec des forces de l’ordre en sous-effectif par rapport aux grands centres urbains.

« La double peine » pour les habitants

Le fait que les émeutiers s’attaquent au centre-ville de métropoles régionales comme Lyon, Lille, Toulouse, Bordeaux et surtout Marseille est apparu comme une nouveauté. Tout comme les quelques pillages de grandes surfaces en banlieue parisienne en plein jour. Dans le cas marseillais, cette concentration des violences dans le centre-ville s’interprète aussi comme la volonté de ne pas déranger les trafics de stupéfiants qui se déroulent dans les cités périphériques. En région parisienne, au contraire, les émeutiers sont restés essentiellement concentrés dans leur propre quartier.

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