nouvelle nuit tendue après une journée de pillages

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La nuit de vendredi 30 juin à samedi 1er juillet est restée lourde, tendue et violente une nouvelle fois, à Marseille, à Lyon, à Grenoble ou à Saint-Etienne, mais globalement un peu plus calme, ailleurs, que la veille, surtout en région parisienne, où plusieurs villes avaient décrété un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés. Le ministère de l’intérieur a annoncé samedi que 994 personnes avaient été interpellées durant la nuit au niveau national (contre 667 la nuit précédente) et 79 policiers et gendarmes blessés (249 la veille). Interrogé sur BFM-TV, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a affirmé : « C’est la République qui va gagner, pas les émeutiers », dénonçant « des violences inacceptables à Lyon et à Marseille ».

Après l’embrasement des soirées précédentes, le mouvement a déjà changé de nature : vendredi, c’était la journée des pillages. Ils ont commencé très tôt, au début de l’après-midi, pour la première fois en plein jour depuis la mort de Nahel M., 17 ans, tué mardi, à Nanterre, par un policier lors d’un contrôle routier.

Vers 14 heures, une grosse centaine de jeunes masqués a débarqué dans l’immense centre commercial de Rosny 2, à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), qui a été rapidement évacué et fermé. Des très jeunes, des 12-15 ans, selon les témoins, qui se sont rabattus sur le McDonald’s du parking, dont ils ont cassé les vitrines, alors qu’il était ouvert, et ont volé… des glaces. Puis ils sont allés s’en prendre à une Fnac et à un Quick, mais sans pouvoir entrer à nouveau dans le centre, bloqués par les forces de l’ordre.

Quelques heures plus tard, des pillards ont tenté la même chose au centre commercial de Créteil Soleil, à Créteil (Val-de-Marne), des commerces ont aussi été attaqués en plein centre-ville de Strasbourg, un Monoprix a été pris d’assaut à Lyon. En région parisienne, nombre de grandes surfaces ont été, par précaution, fermées vendredi après-midi. A Grenoble, des centaines de jeunes encagoulés ont dévalisé de nombreux magasins du centre-ville, notamment de vêtements et de téléphonie. Il y a toujours eu des pillages lors des émeutes, mais le phénomène, à cette ampleur, est radicalement nouveau : enhardis par les précédentes nuits de violences et un réel sentiment de puissance, les jeunes quittent désormais leurs cités pour piller les hauts lieux de consommation.

Dans un magasin Monoprix de la rue de la République, à Lyon, le 30 juin 2023.
Des policiers chargent des manifestants dans le quartier des Halles, à Paris, la nuit du 30 juin au 1er juillet 2023.

Coffres de voiture grand ouverts

C’est bien organisé, grâce aux réseaux sociaux : « Communiqué pour les gens Bondy ce soir on fait tous Conforama. Soyez prés et organisé et une bonne logistique. Aller a se soir pour Conforama. Rdv à 23 h 30. Faite tourné. » A l’heure dite, une centaine de jeunes gens cagoulés s’étaient rassemblés sur le pont, au-dessus du canal de l’Ourcq, à côté des quartiers nord de Bondy (Seine-Saint-Denis), tout près du magasin. Les pillards sont partis les bras remplis de cartons, et de nombre d’écrans plats. Le RAID a chargé à plusieurs reprises, soutenu par des unités traditionnelles de la police.

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