Manon Genest en bronze à la longueur aux Mondiaux de Charléty : « On en avait besoin »

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La lumière est venue de Manon Genest. Alors que le compteur de l’équipe de France était toujours bloqué après deux journées de compétition, l’athlète de 30 ans a offert au public de Charléty un premier podium en prenant la troisième place du concours de saut en longueur dans la catégorie T37 (sportifs paralysés cérébraux ou assimilés).

Avec un record personnel battu dès son premier (4,72 m), la vice-championne d’Europe 2021 s’est positionnée d’entrée parmi les prétendantes au podium, améliorant même sa marque sur sa dernière tentative (4,76 m). Si la Chinoise Wen Xiaoyan était intouchable, améliorant son record du monde (5,33 m), Genest n’aura butté que sur l’Américaine Jaleen Roberts (5,00 m), alors que Mandy François-Elie s’est contentée de la cinquième place (5,19 m).

« C’est une grosse fierté, ça me fait plaisir pour l’équipe de France, on en avait besoin, confiait Genest, partiellement hémiplégique du côté gauche. Je suis sorti de ma zone de confort. Ma fille c’est ma raison de vivre, j’y pense tout le temps. Les premiers mots que j’ai eus c’est pour ma fille : “C’est ta médaille, ce n’est pas la mienne.” J’ai essayé de faire abstraction des affiches, mais sur le dernier saut j’ai demandé le clap du public et j’ai battu mon record une deuxième fois. C’est grâce à Charléty, c’est grâce à tout le monde. »

« J’ai accompli ma mission d’être dans les quatre donc tout va bien ! »

Au lancer de poids F20 (déficience intellectuelle), Gloria Agblemagnon a manqué le podium pour cinq centimètres, avec un meilleur jet mesuré à 13,11 m. Mais l’athlète de 25 ans n’est pas reparti du Charléty les mains vides, avec un quota paralympique débloqué pour les Jeux de Paris 2024. « Je suis forcément un peu déçue mais je suis contente d’avoir décroché le quota pour les Jeux, c’est déjà ça, c’était mon premier objectif. Sur mon lancer, il faut que j’arrive à débloquer les 14 mètres en compétition. À l’entraînement, j’y arrive facilement mais en compétition j’ai du mal. Je remercie le public de m’avoir applaudi, ça me stresse un peu mais c’est à moi de m’améliorer et d’apprendre à le gérer. J’ai accompli ma mission d’être dans les quatre donc tout va bien ! »

Le record d’Europe insuffisant pour Fairbank

Pierre Fairbank n’est pas passé loin du quota en 400 m T53 (fauteuil roulant) mais il devra encore patienter. Malgré un record d’Europe (48”53), le Calédonien, 51 ans, s’est contenté de la cinquième dans une finale marquée par le nouveau record du monde du Thaïlandais Pongsakorn Paeyo (46”11).

« On va se consoler comme on peut, avouait Fairbank. Je bats mon record de deux dixièmes, c’est un record d’Europe, mais ça ne suffit pas. Désolé pour l’équipe, pour la Calédonie, mais je me contente de ça. Ça a été un peu difficile de partir en aveugle (couloir 8)… J’ai été plus chassé que chasseur. C’est pour ça que je suis parti vite, je le paie dans la dernière ligne droite, je craque un petit peu quand je les vois revenir. Je n’aurais peut-être pas dû regarder… Deux nouveaux athlètes étrangers ont gagné une seconde à peu près sur leur record, c’est beau. Il nous reste un an et un grand événement l’année prochaine pour faire mieux. Il me reste le 100 m sur ces Mondiaux pour me faire plaisir, profiter de l’ambiance, et le 800 m où, en général, j’ai un peu plus de chance, le départ a un peu moins d’impact, c’est un peu plus tactique. J’aime bien ça. »

Septième de la finale en 50”26, Nicolas Brignone ne nourrissait aucun regret. « Je fais mon meilleur temps de la saison. C’est une grande fierté. L’année dernière, j’ai eu une saison difficile, et là c’est un bon retour en force. C’est de bon augure pour l’année prochaine. Les adversaires ont beaucoup progressé, moi aussi, mais pas assez. Je saurais ce que j’aurais à faire en retournant à l’entraînement. Septième, c’est une finale. On avait des couloirs un peu difficiles avec Pierrot, 7 et 8, en aveugle. Mais je me suis fait plaisir, devant mon public. »

Engagé en série du 400 m dans la catégorie T54, Yasser Mussanganya n’est pas parvenu à se hisser en finale, septième de sa course en 47”79. Dans la finale du poids F20, Beatrice Aoustin n’a pu faire mieux que la douzième place, avec un jet à 10,54 m.

Scénario fou à la hauteur

Dernier rendez-vous de la soirée, le concours de saut en hauteur dans la catégorie T57 aura tenu toutes ses promesses, avec le record du monde de l’Américain Roderick Townsend à 2,16 m. Souffrant de dommages nerveux permanents au bras et à l’épaule droits depuis sa naissance, le double champion paralympique, 31 ans, n’est pas passé loin d’un double exploit, passant à trois reprises tout près d’effacer la barre à 2,18 m.



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