l’IA au cœur de la grève des acteurs et des scénaristes de Hollywood

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Depuis ce jeudi, les acteurs de Hollywood sont en grève, suite à des négociations avec les producteurs qui ont abouti à un constat d’échec. Parmi les points de contentieux les plus saillants : la reproduction numérique des comédiens et des comédiennes et l’écriture de scripts avec l’aide de l’intelligence artificielle.

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans l’industrie américaine de la production audiovisuelle : la Screen Actors Guild (SAG-AFTRA), qui représente des milliers d’acteurs et de professionnels de l’industrie du divertissement, a annoncé hier le lancement d’une grève à durée illimitée. Les négociations avec les producteurs, regroupés au sein de l’AMPTP (Alliance of Motion Picture and Television Producers) n’ont pas permis de trouver un compromis.

Des scénarios écrits à l’IA

Pour Hollywood, cela tombe au plus mal alors que les scénaristes de la Writers Guild of America (WGA) ont également arrêté le travail depuis le début du mois de mai. Dans les deux cas, il est évidemment question de la rémunération des artistes, mais l’intelligence artificielle est aussi au cœur des débats. Les scénaristes craignent en effet de se faire remplacer par l’IA générative, qui pourrait prendre leur place pour compléter des scripts, voire les rédiger entièrement.

L’IA pourrait aussi être utilisée pour produire des brouillons de scénarios, charge ensuite aux professionnels de peaufiner les histoires ce qui permettrait aux producteurs de payer moins cher les scénaristes humains. Les affiliés de la WGA veulent donc imposer aux studios des garanties concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle.

Du côté des acteurs, l’ambiance ressemble carrément à un épisode de Black Mirror. L’AMPTP a mis sur la table une « proposition révolutionnaire » concernant les « répliques numériques » des interprètes avec l’aide de l’intelligence artificielle. En guise de révolution, les producteurs proposaient simplement la mise en place d’une « exigence de consentement » pour la création et l’utilisation de clones virtuels des acteurs, ce qui paraît être le minimum.

Des clones numériques corvéables à merci

Cette proposition a été rejetée avec force par la SAG-AFTRA. L’organisation a expliqué que les studios voulaient avoir la possibilité d’acheter une fois pour toutes auprès des acteurs les droits de leurs jumeaux numériques. Ils voudraient ensuite pouvoir les exploiter « pour le reste de l’éternité dans n’importe quel projet, sans consentement et sans compensation ». Fran Drescher, la présidente du syndicat des acteurs, exhorte ses membres à tenir bon dans le long mouvement qui s’annonce, car le risque est tout simplement « d’être remplacé par des machines ».

Si le numérique a envahi la production de films et de séries TV depuis des décennies, l’intelligence artificielle y est également de plus en plus utilisée. C’est par exemple le cas pour les séquences de « de-aging » (rajeunissement numérique), comme on a pu le voir tout récemment au début du cinquième volet des aventures d’Indiana Jones.



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