Les Républicains poussent l’Assemblée nationale à ajouter 3 000 places de prison

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Le président du parti de droite Les Republicains à l’Assemblée nationale, le 11 juillet 2023.

Au grand dam de la gauche, l’Assemblée nationale a donné son feu vert mercredi 12 juillet au soir à la demande du parti de droite Les Republicains de construire de 3 000 places de prison supplémentaires d’ici à 2027.

Le programme actuel de « 15 000 » créations de places d’ici à 2027, lancé en 2018, a pris du retard et est « déjà sous-dimensionné » pointe un récent rapport parlementaire.

M. Ciotti avait conditionné son vote favorable sur l’ensemble du projet de loi de programmation de la justice à la validation d’une telle hausse du nombre de places en détention, pour parvenir à un parc de 78 000 places en 2027.

Actuellement, « des sanctions » d’emprisonnement « ne sont pas appliquées » faute de places, donc « la seule solution est de construire », a-t-il fait valoir dans l’hémicycle. La majorité présidentielle a répondu « chiche », en mettant l’accent sur l’enjeu de « dignité », alors que plus de 2 300 détenus dorment sur un matelas au sol en raison de la surpopulation carcérale.

Mais ces députés Renaissance, MoDem et Horizons ont fait préciser que ces 3 000 places supplémentaires seraient réalisées « sous réserve de la délivrance par les collectivités locales des autorisations d’urbanisme nécessaires ».

« Protéger la société des individus dangereux »

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a lancé à ce sujet « un appel solennel, républicain, afin que localement cessent les tentatives d’entrave » à la construction de centres de détention. C’est toujours « la prison oui, mais ailleurs », a-t-il pointé.

Le ministre de la justice Eric Dupond-Moretti à l’Assemblée nationale le 11 juillet 2023.

De même, concernant les centres éducatifs fermés, que LR voudrait doubler d’ici à 2027 : « trop d’élus rechignent encore à (les) accueillir », a affirmé M. Dupond-Moretti. Plus globalement, le ministre a défendu sa « politique pénale de fermeté sans démagogie ».

M. Ciotti et Olivier Marleix, chef de file des députés LR, avaient écrit plus tôt mercredi à la Première ministre Elisabeth Borne pour réclamer une politique non pas « guidée par une gestion de la pénurie mais par la nécessité de protéger la société des individus dangereux et de faire respecter l’autorité de la Loi », après les récentes émeutes urbaines, selon ce courrier consulté par l’Agence France-Presse.

La gauche a vivement critiqué ces 3 000 places de prison en plus : « L’obsession du tout carcéral a frappé », a déploré la socialiste Cécile Untermaier. Avec la communiste Elsa Faucillon, elle a accusé le camp présidentiel de « marchander avec la droite » pour obtenir le vote du projet de loi. LFI a épinglé un « arc réactionnaire entre la macronie, la droite et l’extrême droite ». Les députés RN portaient la demande de 7 000 à 10 000 places supplémentaires. Avec 73 699 personnes incarcérées dans les prisons françaises, le nombre de détenus a atteint au 1er juin et pour la cinquième fois en quelques mois un nouveau pic inédit.

Le Monde avec AFP



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