Les Etats-Unis s’engagent à fournir à l’Ukraine des armes à sous-munitions, malgré l’impact pour les civils

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Un militaire ukrainien tient une bombe à fragmentation désamorcée, issue d’une roquette russe qui n’a pas explosé à l’impact. Dans la région de Kharkiv, en Ukraine, le 21 octobre 2022.

L’intérêt militaire immédiat supplante parfois les considérations éthiques et humanitaires. En décidant, après de longues hésitations, de fournir à l’Ukraine des armes à sous-munitions, l’administration Biden répond à une demande pressante de Kiev.

Ce feu vert, confirmé vendredi 7 juillet par le conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan, s’inscrit dans le cadre d’un nouveau paquet massif d’aide militaire accordée à l’Ukraine par Washington, d’un montant de 800 millions de dollars (730 millions d’euros).

La Maison Blanche conçoit ces bombes à sous-munitions comme une façon de parer au plus pressé, pour maintenir l’effort de livraisons constant à Kiev. L’incapacité du complexe militaro-industriel à exécuter les commandes dans un temps court et le « déplumage » des stocks de munitions de l’armée a obligé l’administration à utiliser cet expédient très controversé, en raison des dégâts à court et long terme sur les civils.

« Nous avons déjà vu des hausses substantielles de production, a expliqué Jake Sullivan. Mais ce processus va continuer à réclamer du temps et il sera essentiel d’assurer à l’Ukraine un pont de livraisons. (…) Nous avons retardé la décision autant que nous le pouvions. (…) C’est le moment de commencer la construction de ce pont pour qu’à aucun moment cet été ou bien au début de l’automne l’Ukraine ne se retrouve à court d’artillerie. »

Le conseiller a insisté sur le fait que l’Ukraine n’utiliserait pas ces armes à sous-munitions « sur une terre étrangère », mais pour défendre son territoire, et qu’elle a pour objectif de préserver le plus possible sa population civile. Un indice trahissant l’inconfort américain : Jake Sullivan a même évoqué l’existence « d’assurances écrites » fournies par Kiev sur l’emploi mesuré de ces armes, une garantie de papier ne pesant pas grand-chose. Comment mesurera-t-on cette mesure, avec des bombes aussi indiscriminées ?

Remous au sein de l’OTAN

Le terme d’« arme à sous-munitions » implique la dispersion imprécise sur un champ vaste de sous-munitions pesant chacune moins de 20 kilogrammes, larguées par avion ou par le truchement de batteries de missiles. Certaines explosent aussitôt, d’autres plus tard. Conclue en 2008, la convention d’Oslo interdisant l’utilisation et le transfert de ces armes n’a pas été signée par les Etats-Unis, ni par la Russie ou la Chine, contrairement à près de 120 Etats. Le texte prévoyait notamment la destruction des stocks, la dépollution des zones contaminées par les restes non explosés et l’organisation d’une assistance aux victimes.

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