Le rejet des eaux de Fukushima à l’origine d’une pénurie de sel et de tensions politiques en Corée du Sud

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Manifestation contre la décision du gouvernement japonais de rejeter des eaux usées provenant de Fukushima, près d’un bâtiment abritant l’ambassade du Japon à Séoul, le 30 juin 2023. Les panneaux indiquent « Eau radioactive dans les installations souterraines ».

L’imminence du rejet dans le Pacifique des eaux contaminées de Fukushima provoque une pénurie de sel en Corée du Sud, où la question a pris une tournure éminemment politique. Face à l’urgence, le vice-ministre sud-coréen de la pêche, Song Sang-keun, a annoncé jeudi 29 juin la mise en vente, jusqu’au 11 juillet, de 50 tonnes de sel par jour puisé dans les réserves d’urgence. Ce sel sera proposé à un prix inférieur de 20 % aux prix du marché.

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Difficile de dire si cela suffira alors que l’opération à la centrale nucléaire de Fukushima (nord-est du Japon) doit commencer cet été. Elle se traduira par le déversement dans un premier temps de 1,25 million de tonnes d’eau issu du refroidissement des réacteurs endommagés à la suite du séisme et du tsunami du 11 mars 2011.

Le rejet durera le temps du démantèlement du site, soit une quarantaine d’années. Il est soutenu par l’Agence internationale de l’énergie atomique, dont le directeur général, Rafael Grossi, est attendu mardi 4 juillet au Japon. La compagnie d’électricité de Tokyo (Tepco, propriétaire de la centrale de Fukushima) affirme que l’eau sera rejetée après un passage dans ses systèmes de filtration par absorption ALPS (« advanced liquid processing system »). Le dispositif permet de réduire la présence des nucléides qu’elle contient encore, à l’exception du tritium. L’eau sera diluée pour que le niveau de ce nucléide soit abaissé à un septième des normes fixées par l’Organisation mondiale de la santé pour l’eau potable.

Tournure politique

L’opération suscite pourtant des craintes dans l’Archipel, notamment chez les pêcheurs de Fukushima et des départements voisins, mais aussi à Taïwan, en Chine et, surtout, en Corée du Sud, où les promesses de Tepco et de Tokyo ne convainquent guère. Un sondage de l’institut Gallup révélait le 30 juin que 80 % des Coréens du Sud redoutent les conséquences du rejet de Fukushima. Cette crainte provoque une ruée des consommateurs sur le sel de mer, dont les prix ont bondi de 27 % en juin par rapport à avril. Certains marais salants, comme ceux de Sinan (Sud), ont suspendu leurs ventes.

De quoi embarrasser le gouvernement du président, Yoon Seok-youl, engagé dans un rapprochement avec le Japon qui pourrait se traduire, entre autres, par une levée des restrictions imposées depuis la catastrophe nucléaire aux produits alimentaires importés de la région de Fukushima.

La question a pris une tournure politique puisque le Parti démocrate (PD), principale formation de l’opposition, a soumis à l’Assemblée nationale un projet de résolution exigeant l’abandon par le Japon du projet de déversement des eaux. Il demande le dépôt d’une plainte auprès du Tribunal international du droit de la mer.

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