le président du Comité national paralympique iranien visé par une plainte pour torture en France

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Alors que le président iranien du Comité national paralympique 2024, Ghafoor Kargari, se trouve actuellement en visite en France dans le cadre de la préparation des Jeux paralympiques de Paris 2024, deux associations ont porté plainte contre lui à Paris, lundi 28 août. Elles l’accusent de torture et le soupçonnent de crimes contre l’humanité, a appris l’Agence France-Presse (AFP) d’une source proche du dossier.

La délivrance d’un visa par les pouvoirs publics français, puis sa venue, est « un affront et une insulte pour toutes les victimes de la répression iranienne, à commencer par les femmes », s’est indigné Emmanuel Daoud, avocat du collectif français Femme Azadi et de l’ONG suédoise House of Liberty, les deux associations à l’origine de la plainte.

M. Kargari, membre de l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, est actuellement en région parisienne dans le cadre du séminaire des chefs de mission des comités paralympiques, a confirmé le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (COJO) à l’agence de presse.

« Une insulte pour toutes les victimes de la répression iranienne »

Les deux associations présentent M. Kargari, né en 1962, comme un « ancien commandant et membre éminent de la Force Al-Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique » (CGRI), l’armée idéologique de la République islamique.

« Le CGRI et le groupe Al-Qods ont été à la pointe de la répression violente des mouvements pacifiques de lutte pour la démocratie, les droits civiques et l’égalité entre les femmes et les hommes en Iran », détaille la plainte, consultée par l’AFP et déposée auprès du Parquet national antiterroriste.

Le dernier mouvement de contestation en Iran a été déclenché en septembre 2022 après la mort de Mahsa Amini, une jeune femme morte après avoir été arrêté par la police des mœurs qui lui reprochait de ne pas avoir respecté l’obligation du voile.

Des centaines de personnes, parmi lesquelles des dizaines de membres des forces de sécurité, ont été tuées au cours des manifestations de l’automne 2022, tandis que des milliers de personnes ont été arrêtées, accusées par les autorités de participer à des « émeutes » fomentées par les pays occidentaux.

M. Kargari est également présenté, dans la plainte, comme l’un des fondateurs du Mouvement de résistance islamique d’Azerbaïdjan, « un groupe armé islamiste chiite azerbaïdjanais soutenu et financé par le CGRI », en opposition au pouvoir en place dans ce pays voisin de l’Iran.

Du fait de ses fonctions, les plaignants estiment que M. Kargari « a nécessairement participé ou s’est rendu complice des actes de barbarie et de tortures perpétrés par ces groupes en Iran, en Azerbaïdjan et plus généralement dans le Caucase et en Asie centrale ».

Alors supérieur hiérarchique et militaire, l’actuel président du comité national paralympique est accusé d’avoir « participé à la conception et la mise en œuvre de la politique et de la stratégie de ces deux groupes, ce qui pourrait également qualifier ses agissements de crimes contre l’humanité ».

Le Monde avec AFP



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