le label haute couture, comment ça marche ?

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Schiaparelli, collection haute couture printemps-été 2023.

C’est l’un des symboles de la France. Au même titre que la tour Eiffel ou la baguette de pain, la haute couture fait rayonner le savoir-faire hexagonal à travers le monde. Et pourtant, on ne sait pas toujours très bien à quoi correspond ce terme que les services marketing des marques de mode utilisent à tort et à travers, parfois pour désigner un parfum ou un sac. Petit point afin d’y voir clair.

« Le terme “haute couture” est souvent utilisé pour désigner les collections de mode en général. Pourtant, c’est une appellation bien spécifique, à ne pas confondre avec le prêt-à-porter », rappelle Pascal Morand, président exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode. Le prêt-à-porter, à la différence de la haute couture, qui n’existe qu’en France, propose une mode aux tailles standardisées et produite en plus ou moins grandes quantités.

La réglementation de la haute couture a été mise en place en 1945 par le ministère de l’industrie. Dans les faits, des critères bien spécifiques doivent être respectés pour se prévaloir du label – juridiquement protégé – haute couture. Entre autres, celui d’avoir deux ateliers – un pour les pièces tailleurs, un autre pour les pièces dites « floues » –, il faut également fabriquer des modèles originaux, sur mesure et à la main, défiler deux fois par an à Paris ou encore compter un minimum de douze employés dans ses rangs.

Aujourd’hui, seize marques et créateurs peuvent se prévaloir de ce label, parmi lesquelles Dior, Chanel, Schiaparelli ou encore Jean Paul Gaultier. Huit marques sont quant à elles des « membres correspondants », comprendre qu’ils ont une activité qui s’apparente à de la haute couture, mais ne sont pas basés à Paris. On retrouve parmi eux les Italiens Giorgio Armani, Valentino et Fendi, ou encore le duo néerlandais Viktor & Rolf.

Le défilé Schiaparelli a affolé la Toile

Enfin, la Fédération invite chaque saison quelques créateurs émergents (ou non), à intégrer le calendrier le temps d’une saison (ou plus), pour présenter leur collection. C’est le cas cette saison de l’Américain Thom Browne, de la Marocaine Sara Chraibi ou de la jeune marque originaire d’Arabie saoudite et basée à Paris, Ashi. Si ces dernières ne bénéficient pas de l’appellation haute couture, elles en intègrent pourtant le calendrier officiel.

Née à Paris dans les ateliers de couturiers dès la fin du XIXe siècle, avec comme figures de proue Charles Frederick Worth, Jeanne Paquin ou Paul Poiret, comment la haute couture s’adapte-t-elle aux enjeux économiques et sociétaux actuels ? « Nous vivons une révolution digitale, doublée d’une prise de conscience quant aux questions écologiques. La haute couture y répond, c’est un regard porté sur l’importance du “faire”, cela remet le savoir-faire au centre du propos et redonne du concret à la notion de toucher. De plus, ces vêtements sont uniques et sur mesure, cela s’oppose au trop-plein de la mode et de la production de vêtements », explique Pascal Morand.

Des moments de haute couture peuvent pourtant également affoler la Toile, à l’image du défilé Schiaparelli de janvier 2023, qui a vu ses têtes de lion et de loup en résine plus vraies que nature largement commentées sur les réseaux sociaux, le public y voyant l’apologie de la chasse.

Si le nombre de clients de haute couture dans le monde est difficile à connaître, « cela a évidemment une existence économique ! », souligne Pascal Morand. Une poignée de gens fortunés à travers le monde passent, en effet, commande auprès des maisons de couture pour répondre à leurs envies et à leurs besoins, et ainsi habiller leur mode de vie fait de galas et de célébrations en tout genre. Et faire à chaque fois un peu plus rayonner le savoir-faire français.



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