le créateur du chatbot de Google répond à Tech&Co

0

[ad_1]

A l’occasion de l’arrivée en Europe et en France du chatbot Google Bard, Tech&Co s’est entretenu avec Jack Krawczyk, son créateur. Un homme qui veut avant tout que l’imagination reste aux commandes.

Alors que ChatGPT et BingAI – l’outil de Microsoft qui s’appuie sur le savoir-faire du premier – prennent de l’avance dans leur déploiement, Google continue de tracer sa route dans l’ombre, sûr de son fait.

Ce jeudi, Bard, son robot conversationnel, a franchi un nouveau cap dans sa progression en partant à la conquête de l’Europe et du Brésil. Lancé en mai dernier dans quelque 180 pays, l’IA générative du géant de la recherche est enfin disponible dans l’Union européenne après des semaines de négociations avec les régulateurs.

“Nous ne pouvons pas être audacieux sans être d’abord responsables”, glisse à Tech&Co Jack Krawczyk, le créateur de Bard et directeur de la gestion produits chez Google. Les discussions avec l’Europe ont pris plus de temps qu’il ne l’espérait sans doute avant de lancer Bard sur le Vieux Continent. Mais il est satisfait de pouvoir ce matin-là nous l’annoncer, après avoir trouvé les mots qui ont rassuré la Commission européenne.

“Nous voulions nous assurer qu’il était clair pour les régulateurs que nous partagions les mêmes valeur de choix, contrôle et transparence qu’eux. Et nous voulions avoir ces conversations avec eux avant de déployer Bard, montrer que nous nous engagions à respecter cela, à respecter les règles et à laisser le choix de l’utilisation” souligne-t-il.

“Le cerveau humain reste le plus puissant des ordinateurs”

Bard arrive donc afin de “collaborer pour amplifier la créativité de ses utilisateurs”, clame Jack Krawczyk qui parle “d’imaginaire augmenté” grâce à cette avancée. Quand on écoute le papa du chatbot, ancien responsable de Google Assistant, ce qui frappe, c’est la philosophie qu’il veut inculquer à son IA, mais aussi à ceux qui feront appel à ses services.

“Au fur et à mesure que nous le déployons, nous nous concentrons à faire en sorte que Bard soit le plus utile possible pour vous aider à explorer de nouvelles idées, de nouvelles possibilités. Mais toujours depuis les réflexions dont vous le nourrirez”, résume le responsable.

Google Bard
Google Bard © Google

Et quand on lui demande si Bard va remplacer à terme l’intelligence de chacun, il met tout de suite le holà: “Le cerveau humain reste le plus puissant des ordinateurs et cela ne changera pas de sitôt”, rappelle-t-il.

Bard ne doit pas être un substitut, mais une aide selon lui. “Vous devrez toujours utiliser votre imagination. C’est un mot passionnant. Bard est une augmentation de notre imagination, un autre type d’IA qui l’amplifie. Pour en tirer le meilleur parti, il faut amener une idée qui vous excite pour résoudre un problème bloquant, un rêve à transformer en réalité”, s’enthousiasme Jack Krawczyk.

Et de citer son plombier qui lui a expliqué utiliser Bard, non pas pour ses réparations évidemment, mais pour savoir comment annoncer de mauvaises nouvelles aux clients. “J’avoue, je ne m’attendais pas à ça”, s’amuse-t-il à raconter. “Il a juste demandé à Bard comment annoncer ça de manière authentique, acceptable et compréhensible, sans jargon technique. C’est devenu un moyen de communiquer plus efficace avec ses clients.”

Comprendre aussi les peurs et rassurer

Si beaucoup voient en Bard un soutien pour la rédaction de texte, de l’analyse, du code informatique ou tout autre fonction, Jack Krawczyk pense que nous ne sommes pas au bout de nos surprises en terme d’utilisation de l’IA générative. “Avec les modèles de langage des robots conversationnels, il y a une progression naturelle. Bard n’a que trois mois et demi, c’est une nouvelle forme de recherche”, rappelle le Californien, notant qu’il n’y a pas d’autres technologies qui permettent d’apporter des informations et proposent d’utiliser ces dernières de multiples façons.

S’il a les yeux qui brillent en parlant de Bard et des multiples possibilités d’utilisation au quotidien, il admet comprendre aussi les peurs suscitées. “Il y a une certaine peur qu’il est important d’écouter parce que cette technologie est vraiment utile. Nous devons comprendre les préoccupations que les gens ont à son égard pour qu’ils aient confiance, sur les usages aussi. Leur peur que cela remplace des emplois, leur inquiétude autour des droits d’auteur.”

Google Bard est enfin disponible en français
Google Bard est enfin disponible en français © Tech&Co

Sur ce dernier point, la reprise des informations trouvées sur le web via Google Search et qui nourrissent Bard, Jack Krawczyk explique que Google s’est engagé sur des normes sur l’utilisation des informations de manière responsable et transparente.

Bard renvoie d’ailleurs vers le moteur de recherche et des pages web pour compléter les informations fournies sur une thématique. Mais il ne recrachera jamais textuellement un livre, un poème ou toute autre oeuvre d’auteur. “Ce n’est pas parce que les gens nous le demandent que nous leur donnons. Bard répond alors qu’il ne peut pas le faire,” martèle-t-il. “Il faut trouver cet équilibre entre utilité et l’environnement dans lequel nous le déployons”.

Prochaine étape: intégrer les objets connectés

La transparence sur le fonctionnement. La transparence sur les informations données et récupérées. La transparence dans le discours et auprès des régulateurs. Le mot revient de multiples fois dans la bouche de Jack Krawczyk qui veut avant tout parler de “conversations productives”.

Le Bard européen sera rigoureusement le même que celui déployé dans les autres pays du monde.

“Il n’y a pas de raison qu’il soit différent s’il respecte les règles”, assure son créateur qui le voit comme un collaborateur, plus qu’un remplaçant à l’être humain.

Bard serait donc une aide, un assistant à notre esprit toujours maître de la technlogie et donc du temps de la réflexion. “Pour les poètes, les musiciens, les auteurs, c’est une aide pour donner vie à ses pensées et ses idées, une façon de composer sa créativité. Plus vous l’utilisez, plus vous voyez ce qu’il vous apporte. Pour certains, il va aider à communiquer et à exprimer ses réflexions”, souligne-t-il.

Et de rappeler: “Le modèle de langage n’est bon que si le contexte que vous mettez est bon. Il faut être précis dans sa demande, pour éviter les analyses à côté et les anomalies dans le rendu.”

Le Google Home mini pourrait dans le futur embarquer Bard
Le Google Home mini pourrait dans le futur embarquer Bard © Elijah Nouvelage-AFP

Quand il voit le chemin parcouru après quelques mois, il ne s’inquiète pas de voir sa création devenir plus massive encore, mais aussi plus utile à force d’être utilisée. Au point de comparer l’arrivée des IA génératives à une étape technologique importante dans l’histoire, au même niveau que la création d’internet ou du smartphone. Et d’avouer aussi qu’il ne peut plus vivre sans l’aide de Bard pour l’épauler au quotidien. Au point de demander à Bard de débusquer les bugs… de Bard.

Des quoi l’avenir de Bard sera-t-il fait? Il sourit, car tout doit déjà être clair dans sa tête. On ne voit pas comment, une fois qu’il sera apte à comprendre quand on lui envoie une requête orale, le chatbot ne pourra pas supplanter Google Assistant dans les appareils connectés. Pour lui, c’est une évidence, mais il demande juste d’être un peu patient.

Et une fois encore d’invoquer le besoin de transparence. Comme si, conscient de la puissance de sa création qui pourrait finir par lui échapper, Google ne voulait pas se voir reprocher le moindre souci. Habitué à stopper des services à peine nés, l’entreprise de Mountain View sent sans doute le tournant historique à portée de main et il serait dommage de rater cette étape à forcer d’être trop en avance sur son temps.

[ad_2]

Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *