l’Azerbaïdjan bloque l’axe vital reliant l’enclave à l’Arménie

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Le 2 mai 2023, check-point mis en place par Bakou à l’entrée du corridor de Latchine, seule voie de passage entre le Haut-Karabakh et l’Arménie, coupée le 11 juillet 2023 par l’Azerbaïdjan.

La pression augmente de nouveau dans l’enclave disputée du Haut-Karabakh. L’Azerbaïdjan a annoncé, mardi 11 juillet, la suspension de la circulation routière dans le corridor de Latchine, le seul axe routier reliant l’Arménie à ce bout de territoire séparatiste, au cœur d’un conflit vieux de plus de trente ans entre Bakou et Erevan.

L’Azerbaïdjan dit avoir pris cette mesure en raison « de multiples tentatives de contrebande », via ce point de contrôle, par des véhicules appartenant à la branche arménienne du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Les gardes-frontières affirment notamment avoir saisi, entre le 1er et le 5 juillet, une dizaine de téléphones portables et des centaines de paquets de cigarettes lors d’opérations de fouilles dans ces véhicules et ont accusé l’ONG de n’avoir pas pris de mesures pour prévenir ces « actions illégales ». Le poste-frontière devra rester fermé jusqu’à la fin des « investigations nécessaires », ont-ils précisé. Une enquête criminelle a été ouverte.

Le CICR a aussitôt démenti, affirmant qu’« aucune marchandise non autorisée n’a été trouvée » dans un véhicule lui appartenant. L’organisation, basée à Genève, a toutefois ajouté « regretter que quatre chauffeurs, qui avaient été mandatés, aient tenté à [son] insu de transporter des marchandises commerciales dans leurs propres véhicules, qui arboraient temporairement l’emblème du CICR ». « Ces personnes, a-t-elle affirmé, n’étaient pas membres du personnel du CICR et leurs contrats de service ont été immédiatement résiliés. »

Crise humanitaire provoquée

Depuis décembre 2022, les tensions se multiplient autour de cet axe routier. Erevan accuse son ennemi historique d’entraver l’approvisionnement vers la région sécessionniste et de créer volontairement une crise humanitaire en bloquant le corridor, ce qui provoque des pénuries de nourriture et de médicaments. De leur côté, les autorités azerbaïdjanaises nient toute responsabilité. En avril, elles ont toutefois annoncé avoir installé, pour des motifs « sécuritaires », un point de contrôle donnant accès depuis l’Arménie au corridor de Latchine.

En juin, la branche arménienne de la Croix-Rouge a sonné l’alerte et annoncé que les livraisons médicales aux hôpitaux du Haut-Karabakh ainsi que le transport des patients gravement malades avaient été suspendus via le corridor. Le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a accusé Bakou de vouloir commettre un « nettoyage ethnique » dans la région.

L’annonce, mardi, de la suspension de la circulation routière par Bakou risque de tendre les négociations en cours entre les deux pays qui s’intensifient depuis plusieurs mois, avec des initiatives diplomatiques parallèles menées par l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis. Les pourparlers sont censés se poursuivre en juillet, sous la médiation de l’UE.

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