La vente de légumes bio produits sous serre chauffée en hiver réautorisée

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Une culture de tomates sous serre, dans le Vaucluse, en novembre 2012.

Les agriculteurs bio français sont de nouveau autorisés à vendre des légumes produits sous serre chauffée entre le 21 décembre et le 30 avril. L’interdiction de cette pratique, en vigueur depuis une décision du Comité national de l’agriculture biologique (CNAB) de 2019, a été abrogée le 28 juin par le Conseil d’Etat. La juridiction a considéré que les textes européens ne comprennent aucune disposition permettant « une prohibition ou un encadrement, pour la production agricole biologique, de la culture sous serre chauffée ».

Philippe Camburet, président de la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), dit regretter cette décision qu’il considère comme « un recul en matière de réglementation ». Pour lui, « le cahier des charges de l’agriculture biologique est très clair : le règlement lui intime l’ordre de contribuer à la protection de l’environnement et au respect des cycles naturels, donc des saisons ». Dans un communiqué du 30 juin, la Confédération paysanne estime que le non-respect de la saisonnalité de la production est une « aberration en agriculture » qui « nuit à [son] image et à son avenir ».

Si l’interdiction prononcée en 2019 par la CNAB était contestée, c’est parce qu’elle imposait, selon ses détracteurs, une distorsion de concurrence aux producteurs français. Les productions étrangères n’étaient en effet pas concernées par cette interdiction de commercialisation. « C’était une décision incompréhensible, une trahison venue pénaliser tous nos producteurs sous serre », a déclaré à l’AFP Jean-Michel Delannoy, président de la Fédération des coopératives de fruits et légumes, fleurs et pommes de terre (Felcoop) qui avait saisi le Conseil d’Etat.

« L’offre bio s’est développée »

Un rapport sénatorial de 2022 sur la « Compétitivité de la ferme France » avait même qualifié la décision de « coup de grâce à la filière tomates ». Un jugement pourtant infirmé par les chiffres. Les importations des tomates bio étrangères se réduisent depuis plusieurs années, sans que la décision de la CNAB de 2019 ne soit venue perturber cette courbe descendante.

L’Agence bio estime ainsi que le taux d’importation des tomates bio est passé de 60 % en 2016 à 48 % en 2021. « L’offre de production française bio s’est quand même développée entre-temps », analyse Christian Renault, associé au bureau d’études AND-international. La production de tomates bio ne reposant pas uniquement sur des serres chauffées, « ce qui s’est développé, c’est la production de saison, en serres froides ou en plein champ », explique le spécialiste.

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