La livraison de missiles à longue portée à l’Ukraine est « irresponsable », s’insurge Marine Le Pen

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Marine le Pen en déplacement à Beauvais (Oise), le 12 juillet 2023, à la sortie du commissariat de Saint-Jean, attaqué lors des émeutes.

« Irresponsable. » Ainsi Marine Le Pen qualifie-t-elle la décision, annoncée, mardi 11 juillet, par Emmanuel Macron, de livrer à l’Ukraine des missiles à longue portée Scalp, pour l’aider dans sa contre-offensive face à la Russie. Après avoir longtemps laissé planer le doute, le chef de l’Etat a confirmé, lors du sommet de l’OTAN à Vilnius (Lituanie), la livraison de ces missiles de croisières développés par la France et la Grande-Bretagne, lancés depuis un avion de chasse.

Pour la première fois, Marine Le Pen s’est explicitement opposée à l’envoi de ces armes, elle qui avait longtemps plaidé pour une aide réduite à de la formation ou du matériel de protection, puis limitée à « des armes défensives ». « Cela m’apparaît irresponsable de prendre cette décision et je ne comprends pas qu’Emmanuel Macron ne soit pas intégralement concentré vers l’organisation d’une conférence pour la paix, pour mettre fin à cette guerre », a-t-elle dit, mercredi 12 juillet, en marge d’un déplacement à Beauvais, dans l’Oise.

Souvent attaquée par la majorité pour sa proximité passée avec les positions du Kremlin, Marine Le Pen a longtemps pris garde de ne pas critiquer trop frontalement le soutien de la France à l’Ukraine. Une réserve dont elle a semblé se départir mercredi.

Selon la cheffe de file de l’extrême droite, la livraison d’armes capables de « toucher un pays tiers [la Russie] peut déclencher une troisième guerre mondiale que je ne souhaite pas voir arriver (…). On ne connaît pas la réaction que pourrait avoir un pays tiers touché par une arme livrée par la France. »

Critiques de la droite et de la gauche radicale

Marine Le Pen est la seule dirigeante politique française à considérer la Crimée comme russe, depuis qu’elle a jugé légal un référendum organisé sous occupation militaire russe dans cette province ukrainienne.

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Dans une guerre dont le front est resté relativement stable depuis l’hiver, ce missile permet à l’armée ukrainienne de frapper bien au-delà de la ligne de front, en particulier dans les zones orientales de l’Ukraine contrôlées par Moscou, et jusqu’en Crimée. Cette annonce a suscité l’ire du Kremlin, qui y voit « une décision entachée d’erreur » et « lourde de conséquences » pour l’Ukraine. Pour autant, Emmanuel Macron a exclu implicitement toute utilisation pour frapper la Russie, citant « la clarté, la cohérence de notre doctrine, c’est-à-dire permettre à l’Ukraine de défendre son territoire ». Un engagement pris par l’Ukraine.

Priée de dire si ce franchissement d’un nouvel échelon dans l’aide militaire faisait de la France une cobelligérante du conflit, ouvrant la voie à une réponse directe de la Russie, Marine Le Pen s’est retranchée derrière le fait que « ce sentiment est déterminé par les parties au conflit. Mais c’est évidemment le risque. Je ne peux envisager que ce soit ce qui se passe, mais c’est cela que je crains. »

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