La justice valide l’interdiction de la marche prévue samedi en mémoire d’Adama Traoré

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Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise) a validé, vendredi 7 juillet, en référé, l’arrêté préfectoral interdisant la marche prévue samedi pour les sept ans de la mort d’Adama Traoré, mort en 2016 et érigé en emblème des violences policières. Cette décision survient dans le contexte des émeutes qui ont suivi la mort de Nahel M., 17 ans, tué par un policier le 27 juin à Nanterre lors d’un contrôle routier.

« Les juges des référés ont estimé que, bien que les violences aient diminué ces derniers jours, leur caractère extrêmement récent ne permet de présumer que tout risque de trouble à l’ordre public ait disparu », a justifié le tribunal dans un communiqué.

La préfecture du Val-d’Oise a demandé sur Twitter « aux organisateurs de bien vouloir respecter cette décision de justice et d’appeler publiquement à ne pas se rendre sur les lieux ». L’interruption de la circulation des trains sur la ligne H en direction de Persan-Beaumont de 10 heures à 19 heures devrait, du reste, compliquer la venue de manifestants.

Le préfet a annoncé jeudi soir l’interdiction de cette manifestation annuelle. Arguant lui aussi des violences de ces derniers jours, qui ont notamment abouti à l’incendie de la mairie de Persan, le préfet Philippe Court a justifié l’interdiction par de possibles « troubles graves à l’ordre public » causés par des « éléments perturbateurs ».

« Deuil et colère »

Dans la foulée, le comité Justice et vérité pour Adama – emmené par sa sœur Assa Traoré –, a déposé un référé-liberté, une procédure d’urgence, pour faire annuler la décision. Il s’agit d’« une marche familiale, avec des enfants dans un cadre champêtre », a déclaré à l’audience Me Arié Alimi, l’un des trois avocats du comité, en estimant que l’arrêté était « une instrumentalisation politique du droit fondamental de manifester ».

Venu en personne défendre sa mesure devant la justice, le préfet du Val-d’Oise a affirmé ne pas disposer de suffisamment d’effectifs pour assurer la sécurité de l’événement. « Les forces de l’ordre sont épuisées », a-t-il dit à la barre.

Le 19 juillet 2016, Adama Traoré, un jeune homme noir de 24 ans, mourait dans la cour de la caserne de Persan, à une trentaine de kilomètres au nord de Paris, peu après son arrestation par des gendarmes au terme d’une course-poursuite.

Le collectif Vérité pour Adama rassemble chaque année des centaines de personnes à l’occasion d’une marche à Persan et à Beaumont-sur-Oise pour réclamer la mise en examen des gendarmes mis en cause, et dénoncer les violences policières. Tous les ans, la marche avance sans incident et se termine par un concert de rap.

De nombreux syndicats, organisations et partis politiques y étaient attendus cette année, à la suite de l’émotion soulevée par la mort de Nahel M.

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Dans une pétition signée avant l’arrêté préfectoral d’interdiction, 200 élus du département avaient appelé les autorités à ne pas autoriser la marche. « Nous n’accepterons pas davantage de provocations et des dégâts supplémentaires », avaient-ils déclaré.

En parallèle, 90 organisations de gauche ont appelé à « des marches citoyennes » à travers le pays samedi pour exprimer « deuil et colère » et dénoncer les politiques jugées « discriminatoires » contre les quartiers populaires.

Le Monde avec AFP





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