La journaliste et romancière québécoise Denise Bombardier est morte

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La journaliste et romancière québécoise Denise Bombardier, connue en France pour s’être opposée publiquement à Gabriel Matzneff à la télévision en 1990, est morte, mardi 4 juillet, à l’âge de 82 ans, a annoncé son employeur, le groupe de média Québecor. Cette intellectuelle, féministe engagée, l’une des premières femmes à avoir réussi à s’imposer dans les médias québécois, était connue pour son franc-parler. Elle a succombé à des « complications après des examens médicaux », selon Québecor.

Denise Bombardier a été la tête d’affiche de Radio Canada dans les années 1970 et 1980 pour des émissions politiques et culturelles, interviewant de nombreuses célébrités. Elle entretenait également des liens forts avec la France, où elle avait terminé ses études, et avait marqué les esprits un soir de mars 1990, lors de l’émission de Bernard Pivot « Apostrophes ».

Devant deux à trois millions de téléspectateurs, la Québécoise s’était opposée, seule, à Gabriel Matzneff dont les écrits faisaient l’apologie des relations sexuelles avec les enfants et adolescents, estimant que la littérature ne pouvait « pas servir d’alibi ». Elle lui avait crié sa colère, s’inquiétant pour les conquêtes mineures de l’écrivain et jugeant qu’il aurait eu « des comptes à rendre à la justice » s’il n’avait pas « une aura littéraire ».

Une archive vidéo de ce moment est devenue virale lors de la parution en 2020 du récit de Vanessa Springora Le consentement, sur la relation traumatisante de cette dernière, à 14 ans, avec cet homme de trente-six ans son aîné. Ce livre avait fait éclater le scandale et incité le parquet de Paris à ouvrir immédiatement une enquête pour viols sur mineur de moins de 15 ans.

« Le courage de ses opinions »

Au Québec, Denise Bombardier était également connue pour ses prises de position conservatrices et pour ses ouvrages (Le Dictionnaire amoureux du Québec, Lettre ouverte aux Français qui se croient le nombril du monde…)

Elle avait par ailleurs écrit un portrait de la star Céline Dion après l’avoir suivie pendant un an lors de sa tournée mondiale (L’Enigmatique Céline Dion). Et avait également écrit la chanson La Diva pour cette dernière.

Sa mort a suscité de nombreuses réactions du monde politique et culturel. « Bon voyage, chère Denise. Brillante, courageuse, drôle. Amoureuse du Québec et de la langue française », a tweeté le premier ministre du Québec, François Legault. Pour la maire de Montréal, Valérie Plante, « son départ est un choc pour tout le Québec ». « Femme de parole et de tête, Denise Bombardier était une grande Montréalaise qui avait le courage de ses opinions », note-t-elle.

Le Monde avec AFP



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