grande déception des représentants des quartiers face aux réponses du gouvernement

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La réunion du comité interministériel des villes, à Matignon, le 30 juin 2023.

Tout ça pour ça. Attendu depuis plusieurs mois, le comité interministériel des villes (CIV), présidé vendredi matin à Matignon par Elisabeth Borne, entourée de seize ministres et de plusieurs représentants d’habitants et élus, a fortement déçu les acteurs locaux des quartiers populaires.

Se tenant dans un contexte particulier, avec des violences urbaines dans de nombreuses régions de France après la mort de Nahel M. lors d’un contrôle policier, cette réunion, déplacée de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) à la rue de Varenne au dernier moment, n’aura débouché sur aucune annonce concrète pour répondre à la situation des quartiers. Après une quarantaine de minutes sur place, la première ministre a quitté les lieux sans faire de déclaration, alors que c’était initialement prévu, pour se rendre à la réunion de crise place Beauvau demandée par le président Emmanuel Macron.

« Cette réunion a montré notre volonté de faire bloc pour répondre à l’urgence comme pour préparer l’avenir, a simplement commenté l’entourage de la première ministre. Elle rappelle que la priorité est le retour au calme et à l’ordre républicain. L’heure est à la mobilisation et à l’unité. »

« L’émotion et la colère »

Les ministres de l’intérieur Gérald Darmanin, de la justice Eric Dupond-Moretti et de la ville Olivier Klein n’ont pas été plus loquaces à l’issue de la réunion. C’est donc Christophe Béchu qui s’est chargé de reconnaître que ce CIV « ne s’était pas passé exactement comme prévu ». Selon le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, la réunion « a eu le mérite de permettre une parole libre » et d’évoquer « sans tabou les sujets sur le ressentiment qui peut exister dans ces quartiers, sur la question de la place et des moyens humains et sur la question aujourd’hui du maintien de l’ordre ».

Naturellement présent au vu des derniers événements dans sa ville, le maire de Nanterre, Patrick Jarry, était venu « pour porter au plus haut niveau de l’Etat la parole et le ressenti des habitants » et répéter que « l’émotion et la colère ressentie à la mort de Nahel est toujours très vive et partagée par toute une population dans toute sa diversité ». L’élu communiste, qui a confirmé les obsèques du jeune homme de 17 ans samedi à Nanterre, a rappelé l’injustice vécue chez beaucoup des habitants de sa ville en matière de réussite scolaire, d’accès à l’emploi, à la culture, au logement de qualité, tout en soulignant la désolation ressentie par ces mêmes habitants face aux dernières dégradations. « Il faut trouver les mots pour sortir de ce cycle de violence », souhaite-t-il, dans un appel au calme partagé par tous, et appelant à de « nombreuses mesures et initiatives politiques à mener ».

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