face à la sécheresse, les drones vont-ils remplacer les feux d’artifice?

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Face aux risques d’incendie, les spectacles de drones pourraient faire de l’ombre aux traditionnels feux d’artifice du 14-Juillet. Mais pour l’heure, la capacité n’est pas au rendez-vous.

C’était il y a un an, mais personne n’a oublié. En Gironde, les habitants restent traumatisés par les incendies qui ont ravagé la région l’été dernier. Répercussion inattendue de ces épisodes: la commune de La Teste-de-Buch a décidé de ne pas tirer de feux d’artifice pour la fête nationale. Le 13 juillet au soir, les Testerins profiteront à la place d’un spectacle de drones.

Depuis quelques années, des sociétés émergent pour proposer ce nouveau type de divertissement. Drone de Ciel fait partie des derniers-nés de cet écosystème en plein essor. Lancée en novembre 2022, l’entreprise a déjà reçu plus de 230 demandes en l’espace de seulement huit mois. L’idée de départ pour les dirigeants Florian Sirjean et Vivien Honoré était d’allier la technologie et la créativité.

“J’adore les feux d’artifice, mais ils ne procurent pas la même émotion”, assure le directeur général de Drone de Ciel, Florian Sirjean auprès de Tech&Co.

Avec sa flotte de cent drones, l’entreprise est capable de réaliser tout un tas de figures dans le ciel. D’ailleurs, les différents tableaux réalisés lors d’un spectacle sont entièrement personnalisés. “Il faut compter une cinquantaine d’heures entre la création de la musique et de la chorégraphie des drones”, détaille Florian Sirjean, qui ne propose aucun spectacle sur catalogue.

Une solution de repli face aux sécheresses

L’objectif de la mairie éstait de s’assurer de pouvoir “illuminer le ciel” pour proposer à ses habitants “un moment festif”.

“L’idée est venue de la publication d’arrêté sur la sécheresse l’année dernière. Nous avons cherché une solution si nous ne pouvions pas tirer de feu d’artifice”, explique Pauline Schneider, adjointe à la mairie d’Arc-lès-Gray, chargée de l’animation et de la vie associative, à Tech&Co.

Pourtant, le spectacle intégrera tout de même des bombes d’artifice. Mixer les drones et les explosions colorées, c’est une tendance à laquelle croit fortement Bruno Marlois, le gérant de Magic Drone. Associée à des artificiers, la société propose de débuter par des feux d’artifice et de conclure par le traditionnel bouquet final: “Entre les deux, ce sont les drones qui prennent le relais”, indique Bruno Marlois à Tech&Co.

Pour éblouir avec des spectacles hybrides ou par la présence des drones seuls, Magic Drone dispose d’une flotte impressionnante. Récemment, la société a pu monter un show regroupant 800 engins. Mais Bruno Marlois se prépare déjà à faire voler 1000 drones de manière coordonnée dans le ciel d’ici quelques semaines. Ce qui multiplie les possibilités créatives.

“On peut faire dix fois plus de choses avec 1000 drones qu’avec 100”, pointe le gérant de Magic Drone.

D’autant plus que la société, créée en pleine pandémie il y a deux ans et demi, dispose d’un atout. “Nous avons été les premiers à obtenir l’autorisation de placer des petits éléments de pyrotechnie sur les drones”, se félicite Bruno Marlois.

Un coût deux à trois fois plus cher

Ainsi, il a pu reproduire un balbuzard lors d’un spectacle. Une fois dessiné par la lumière les drones, le rapace de lumière a vu une soixantaine d’engins activer leurs dispositifs pour simuler l’embrasement des ailes de l’oiseau. Cette figure prouve bien les possibilités quasi-infinies offertes par les drones.

Cependant, l’originalité a un prix. Il faut tabler deux à trois fois plus cher pour s’offrir un spectacle de drone en comparaison à un feu d’artifice. Cela s’explique d’abord par le coût des appareils, non seulement à l’achat, mais aussi à l’entretien.

“Un drone, c’est 1000 euros et à chaque prestation, il y en a un ou deux qui restent au sol”, lance Florian Sirjean de Drone de Ciel.

Il faut donc compter avec la maintenance. “On les répare beaucoup”, confie le dirigeant. Après un spectacle, une dizaine d’hélices doivent être changées.

Pour autant, la transition du feu d’artifice vers le spectacle de drones reste possible. Arc-lès-Gray en est d’ailleurs un bon exemple. La municipalité n’a pas dépensé un euro de plus que l’année dernière.

“On a travaillé différemment, mais on a gardé le même budget”, garantit Pauline Schneider.

Un cadre législatif encore difficile

Tous les ans, la commune offre un concert, un spectacle son et lumière ainsi qu’un bal à ses administrés. Cette année, les artistes seront moins connus que par le passé, mais locaux. Ce qui a permis de rester sur la même enveloppe allouée aux festivités de la fête nationale. Avec en bonus, un spectacle personnalisé qui promet d’inscrire, ce jeudi dans le ciel, le logo ou le nom de la ville d’Arc-lès-Gray.

Seul aménagement, le lieu du show. Il a fallu modifier quelque peu les habitudes locales pour garantir le périmètre de sécurité nécessaire au vol des drones. “Pour l’instant, il faut un rayon de 130 mètres autour du spectacle, soit environ deux fois la largeur d’un terrain de football”, précise Bruno Marlois, le gérant de Magic Drone.

Selon lui, la législation serait la première cause de rejet des dossiers avec ces clients. Car pour organiser un spectacle, de nombreuses autorisations sont requises. “Comme toutes les nouvelles choses, les règles mettent du temps à s’assouplir”, estime-t-il.

Face à ces contraintes, une lueur d’espoir a jailli cette année avec un nouveau client, qui traduit une démocratisation de ces nouvelles prestations. Le département de l’Allier a commandé un spectacle de drones que Magic Drone jouera à onze reprises tout au long de l’été. Depuis le 24 juin et tous les samedis, les habitants profitent d’un show de 500 appareils.

Néanmoins, cela ne signifie pas la mort annoncée du feu d’artifice, loin de là. Car le principal frein auquel se heurte les drones est avant tout une question de capacité. Aujourd’hui, la France compte moins d’une dizaine de sociétés spécialisées dans le domaine, ce qui limite le nombre de prestations possibles.

“Même avec des spectacles de 200 drones, il ne serait possible d’organiser qu’une vingtaine de spectacles simultanément”, regrette Bruno Marlois de Magic Drone.

Un chiffre bien en dessous des milliers de rassemblements prévus ces jeudi 13 et vendredi 14 juillet. Mais en attendant de pouvoir satisfaire toujours plus de monde, les commandes affluent déjà pour l’année prochaine. Drone de Ciel compte déjà de 20 à 25 projets. Ce qui permet à son directeur général, Florian Sirjean, de lâcher avec sérénité: “l’avenir est radieux pour nous.”

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