Éric Lombard veut maintenir le taux à 3%, un “effort logique” à demander aux épargnants

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Si le Livret A est un outil d’épargne essentiel pour les Français, il sert aussi à financer le logement social. Or une hausse de son taux se répercuterait sur les acteurs du secteur, anticipe le directeur général de la Caisse des dépôts.

Le Directeur général de la Caisse des dépôts Éric Lombard plaide pour un maintien du taux actuel du Livret A. Invité de La Grande Interview, enregistrée à Aix-en-Provence à l’occasion des Rencontres Économiques organisées du 7 au 9 juillet 2023, le dirigeant s’est dit contre l’augmentation du taux du Livret, actuellement fixé à 3%. Le gouvernement doit en effet se prononcer dans les prochains jours sur cette question.

Un maintien de cette rémunération représenterait un manque à gagner pour les épargnants. Les sommes déposées sur le Livret A resteraient ainsi moins rémunérées que l’inflation. La hausse des prix atteignait 4,5% sur un an en juin, selon des données provisoires, soit plus que les 3% de rendement du livret A.

“C’est une rémunération qui, pour l’essentiel, protège de l’inflation“, estime pourtant Éric Lombard, rappelant que le livret A est un placement défiscalisé, liquide et garanti. En comparaison le taux de rendement de l’assurance vie, via les fonds en euros, atteint un peu plus de 2%.

Mais le Livret A est également un outil de financement du logement social en France. Et c’est à ce titre que le Directeur général de la Caisse des dépôts défend un gel de sa rémunération.

“Nous pensons que puisque l’inflation est transitoire, il serait logique que cet effort soit demandé aux épargnants afin de soutenir le logement social et le développement local”, affirme-t-il encore.

Une hausse de la dette des acteurs publics

“Ces fonds on les prête notamment au logement social pour construire des logements et pour faire de la rénovation thermique des logements sociaux et des bâtiments publics”, rappelle-t-il.

“Dès qu’on augmente le taux du livret A on augmente le coût de la dette des acteurs publics”, explique-t-il.

“Si on ajoute le logement social et les collectivités locales, cela représente 200 milliards d’euros qui sont prêtés au taux du livret A, indique-t-il, avant de développer: “et si on augmente les taux de 1% cela coûte 2 milliards de plus au logements social et aux collectivités locales”.

La rémunération est calculée selon une formule qui prend en compte d’une part la hausse des prix et d’autre part les taux interbancaires des derniers mois, auxquels les banques s’échangent de l’argent à court terme. D’après ce calcul, et si l’inflation se maintient à 4,5% sur un an en juin, le taux du Livret A devrait atteindre entre 4 et 4,1% au 1er août.

Mais si le gouvernement va dans le sens de la Caisse des dépôts et choisit de maintenir le taux du Livret A à 3%, il dérogera à cette règle. Un contournement que la loi autorise dans des circonstances exceptionnelles. C’est ce qui s’était produit en février 2022 lorsque la Banque de France avait proposé d’arrondir à 1%, au lieu de 0,8%, puis en février 2023, mais dans l’autre sens cette fois, lorsque l’institution avait proposé 3% au lieu de 3,3%.

Au premier trimestre 2023, le Livret A a enregistré sa plus grande collecte depuis 2009 avec près de 20 milliards d’euros déposés sur ce placement défiscalisé.



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