En Lituanie, la loyauté de la communauté russophone est régulièrement remise en question

0

[ad_1]

Des immeubles d’habitation dans le centre-ville de Visaginas, en Lituanie, le 7 novembre 2019.

Lorsque le train s’arrête sur la voie unique et herbeuse de la gare de Visaginas, impossible de se défaire de l’impression d’avoir franchi une frontière, au moins sur le plan linguistique. Dans cette ville lituanienne entourée de forêts et de lacs, à 10 kilomètres de la frontière biélorusse, la communauté russophone représente les trois quarts de la population, dans un pays où ce chiffre est en moyenne de 5 %. Ici, on parle russe, langue nécessaire pour acheter son billet ou commander un café. Il arrive que des élus locaux non russophones soient accompagnés d’un traducteur. En février 2022, l’invasion de l’Ukraine par Moscou a posé des questions délicates de loyauté à la population et inquiété les autorités.

Une interrogation toujours d’actualité un an et demi plus tard alors que l’OTAN doit organiser, les 11 et 12 juillet, son sommet annuel à Vilnius, la capitale lituanienne, à 150 kilomètres de Visaginas. Le 9 mai, à l’entrée de cette ville de 20 000 habitants, une cinquantaine de personnes s’étaient réunies devant le monument célébrant la victoire de l’Union soviétique sur l’Allemagne en 1945. Rassemblé autour de Dalia Straupaité, ex-maire de Visaginas, le petit groupe avait bravé l’interdiction de cette manifestation pour montrer son soutien au régime du Kremlin.

Tags « Z » sur les murs

Un mois plus tard, les gerbes de fleurs aux couleurs de la Russie sont encore là, au pied d’une stèle amputée en 2022 des insignes de l’ancien régime communiste. Parmi les russophones présents ce jour-là se trouvaient, notamment, d’anciens employés de la centrale nucléaire d’Ignalina, dont la construction, à la fin des années 1970, avait entraîné la création ex nihilo de Visaginas où pouvaient se loger les personnes travaillant à la centrale. Ce 9 mai, Dalia Straupaité arborait, avec d’autres, le ruban de Saint-Georges, symbole du nationalisme russe sous couvert d’hommage à la mémoire des soldats soviétiques. Deux jours plus tôt, candidate du parti Liberté et justice, elle avait perdu l’élection municipale après des péripéties judiciaires ayant conduit les autorités à ordonner un troisième tour de scrutin face au vainqueur final, le représentant de l’Union des paysans et des Verts lituaniens, Erlandas Galaguzas.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés La Lituanie restreint les droits des Russes sur son territoire

« L’invasion de l’Ukraine a été un choc, à Visaginas, qui est à 75 % russophone », explique Alexandra Grigienii, adjointe au maire. « Nous avons réuni les chefs de chaque communauté. Seul le Russe a dit que cette guerre était une bonne chose », raconte-t-elle. Malgré les appels à la tolérance de la mairie, les tags « Z » (en faveur de l’invasion russe de l’Ukraine) sont apparus sur les murs. Des drapeaux ukrainiens étaient arrachés dans la nuit. Des inscriptions « SS » sont venues souiller les couleurs ukrainiennes. « Les habitants, ajoute l’adjointe, dénoncent le fait que les réfugiés ukrainiens n’ont pas à apprendre le lituanien alors que les minorités russophones sont obligées de le faire. Ils dénoncent aussi le blocage des chaînes russes. »

Il vous reste 55.99% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

[ad_2]

Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *