En Auvergne-Rhône-Alpes, les services d’urgence retiennent leur souffle face à la canicule et au Covid-19

0


Dans le service des urgences d’un hôpital, le 10 août 2023.

Centre-ville de Lyon, vendredi 18 août. En plein après-midi, une septuagénaire avance péniblement dans la pharmacie Lafayette. Souffle court, « à cause du Covid long », dit-elle. Elle souhaite un conseil pour affronter la canicule, un endroit où trouver un peu de fraîcheur. La pharmacienne lui indique une maison de retraite proche, qui peut l’accueillir. La voilà repartie dans la ville écrasée de chaleur, pâle sous le soleil de plomb.

« Les patients en difficulté augmentent. Beaucoup viennent pour un mal de tête persistant. Je conseille sans arrêt de s’hydrater, je dis aux personnes âgées qu’il faut absolument éviter de sortir l’après-midi », témoigne Ingrid Paradis. Selon cette pharmacienne, « la chaleur commence à produire ses effets ». Les ventes de compléments alimentaires contre la déshydratation ou le sommeil perturbé ont augmenté de 10 % par rapport à l’été 2022 dans le réseau des 300 pharmacies Lafayette en France. Signaux précurseurs ?

La situation est tendue mais sous contrôle, sans symptôme alarmant. Du moins pour l’instant. Tel est en substance le tableau des services de santé de la région Auvergne-Rhône-Alpes, décrit par les directions d’établissements, alors qu’une période de lourde chaleur s’installe et qu’une suspicion de reprise de Covid-19 se fait sentir.

Après quatre départements concernés la semaine dernière, les douze départements de la deuxième région de France sont désormais placés en vigilance orange canicule. Les huit prochains jours s’annoncent éprouvants, avec des températures nocturnes elles aussi en hausse. A Lyon, lundi 21 août, le thermomètre pourrait atteindre les 41 °C en journée et 25 °C la nuit, selon les prévisions de Météo-France. Ce qui dépasserait le record de chaleur de 40,5 °C enregistré le 13 août 2003.

Les autorités se veulent rassurantes, les personnels s’inquiètent

« Nous n’avons constaté aucun cas grave directement lié à la canicule dans nos services d’urgence. L’effet de la chaleur peut intervenir au bout de plusieurs jours. Tous les professionnels de santé sont mobilisés », affirme Anne Roux, directrice des affaires générales et de la communication des Hospices civils de Lyon (HCL). Les hôpitaux lyonnais ont mis en place des espaces rafraîchis, avec climatiseurs, ventilateurs et brumisateurs dans les chambres et les couloirs, ainsi que des menus adaptés et la diffusion systématique des bonnes pratiques. « Nous faisons un effort d’anticipation pour éviter une situation de surchauffe », précise Anne Roux.

« Pour l’instant, nous ne constatons pas d’embouteillage dans les urgences. Nous n’avons pas enregistré d’augmentation significative des admissions liées aux conditions climatiques. Les personnes âgées risquent des répercussions au bout de plusieurs jours », dit avec prudence Charles-Henry Guez, vice-président du Syndicat des médecins libéraux et de l’Union régionale des professionnels de santé d’Auvergne-Rhône-Alpes. Les services d’urgence lyonnais enregistrent en moyenne 400 passages par jour, contre 380 en août 2022. Une légère hausse qui incite à la vigilance.

Il vous reste 53.4% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *