des peines de prison ferme pour les premiers émeutiers

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Ils viennent de Seine-et-Marne et des Hauts-de-Seine, ont des visages juvéniles et des casiers vierges pour la majorité. Vendredi 30 juin, une vingtaine d’individus étaient jugés en comparution immédiate au tribunal judiciaire de Nanterre, pour leur participation, plus ou moins active, aux violences qui ont émaillé l’Ile-de-France, en réaction à la mort de Nahel M., mineur de 17 ans tué lors d’un contrôle routier à Nanterre (Hauts-de-Seine), mardi 27 juin.

Fait rare, les comparutions immédiates étaient divisées en deux salles. Dans la salle 4, cinq jeunes étaient jugés pour rébellion, violences sur policiers ou dégradations. Si tous reconnaissent leur présence sur les lieux des émeutes, tous plaident le hasard : ils étaient là au mauvais endroit au mauvais moment. Difficile pourtant de convaincre le tribunal. Il ne lui faudra d’ailleurs pas plus de quinze minutes de délibération pour trancher et annoncer des peines de prison ferme avec un mandat de dépôt à l’issue de l’audience pour trois des jeunes.

Un seul prévenu, Cédric E., a été relaxé. L’ambulancier, jugé pour avoir, dans la nuit du 29 au 30 juin, tenté de voler trois téléviseurs dans le Conforama de Colombes (Hauts-de-Seine), a été relaxé. Il avait reconnu s’être rendu dans le magasin, vandalisé et pillé, mais affirmait ne pas avoir volé les télévisions. Le procureur avait requis huit mois de prison avec sursis en raison du caractère multirécidiviste du trentenaire, mais avait convenu que ce dernier s’était simplement « engouffré dans la brèche ».

« J’aurais mieux fait de rester avec ma mère »

Yvan Daniel W., 18 ans, a lui été condamné à une peine sous forme « d’avertissement ». Il était jugé pour avoir été présent à côté d’un mineur qui a mis le feu à une poubelle à Issy-les-Moulineaux. Lui dit avoir « juste » accompagné le jeune et « regrette » de ne pas l’en avoir dissuadé. « Je n’en suis pas fier mais je ne suis pas un criminel », avance-t-il. Ce qui n’a pas convaincu le tribunal qui a retenu la coaction. Le jeune, qui vient de finir un CAP soudure, a été condamné à 240 heures de travail d’intérêt général, alors que le parquet avait requis huit mois d’emprisonnement ferme. A cette annonce, sa mère n’a pas caché son soulagement.

En revanche, pour les autres, les peines ont parfois été lourdes. Amaury I., 22 ans, a été condamné à six mois de prison ferme, pour « rébellion », « participation à un groupement en vue de commettre des violences » et « violence sur fonctionnaire de police sans incapacité de travail ». Le 28 juin au soir, alors que les policiers qui intervenaient dans la cité des Damades à Nanterre font l’objet de jets de pierres, il est arrêté sur un toit d’où proviendraient les projectiles. « J’aurais mieux fait de rester avec ma mère », dit-il – à ces mots, sa mère éclate en sanglots – avant d’assurer qu’il n’était qu’un « guetteur ». Le jeune homme, qui travaille à mi-temps dans la restauration, dénonce une « arrestation violente et des insultes racistes », mais nie un quelconque ressentiment envers la police.

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