Avec sa nouvelle IA, Google veut révolutionner la médecine… sans remplacer les médecins

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Google teste actuellement Med-PaLM 2, une IA dédiée au milieu médical, dans plusieurs hôpitaux américains. L’intelligence artificielle doit venir assister les professionnels de la santé en agrégeant toutes les données de leurs patients. On fait le point sur le projet.

Google a mis au point un modèle linguistique dédié au milieu médical, Med-PaLM 2. Basé sur PaLM 2, le modèle de langage qui anime le chatbot Bard, il est conçu pour assister les professionnels de la santé dans leur quotidien. Par exemple, Med-PaLM 2 peut répondre à des questions de médecine, de santé ou encore de chirurgie, et interpréter la radio d’un patient pour en tirer un diagnostic, à la manière d’un médecin.

L’IA générative tire son expertise des données avec lesquelles elle a été entraînée. Google a en effet abreuvé le modèle de langage avec une montagne d’informations médicales. Grâce à cette approche, qui s’appuie sur l’apprentissage automatique, Med-PaLM 2 se veut plus efficace qu’un modèle général et polyvalent, comme PaLM 2, GPT-4 d’OpenAI ou LLaMA de Meta, pour répondre à des questions liées à la médecine, estime Google.

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Google teste déjà Med-PaLM 2

Confiant, le géant de la recherche a commencé à tester Med-PaLM 2 dès le mois d’avril 2023, rapporte le Wall Street Journal. Apparemment, un chatbot basé sur le modèle d’IA a été mis à disposition de certains établissements, dont l’hôpital de recherche Mayo Clinic, qui compte des infrastructures dans plusieurs États. La clinique compte notamment s’appuyer sur l’IA de Google pour développer « un nouvel outil de recherche interne » capable de passer en revue les dossiers médicaux des patients pour y dénicher des informations.

Dans un mail interne, consulté par le Wall Street Journal, Google estime que l’IA doit surtout pouvoir faire la différence dans les pays qui manquent cruellement de médecins. Cet assistant médical viendrait ainsi suppléer les professionnels et répondre à certaines des questions des patients. Il s’agit vraisemblablement d’une ambition à plus long terme de Google. Pour l’heure, son chatbot reste cantonné à une poignée d’hôpitaux. Notez qu’OpenAI, le créateur de ChatGPT, et Microsoft ont déjà évoquées des idées analogues. Les deux firmes, lancées très tôt dans la course à l’IA, estiment que les modèles linguistiques pourraient intervenir dans les régions présentant un déficit de médecins.

La question des données personnelles

Sans surprise, l’initiative de Google soulève de nombreuses questions en matière de données personnelles et de respect de la vie privée. Les modèles de langage sont en effet connus pour absorber les données communiquées par leurs interlocuteurs. Ces données, parfois sensibles, se retrouvent alors dans leur corpus d’informations… et risquent de ressortir à un moment ou à un autre lors d’un échange avec un autre utilisateur. C’est pourquoi de nombreuses entreprises, comme Apple ou Samsung, déconseillent à leurs employés de se servir d’une IA pour les assister dans leur travail.

Pour rassurer les hôpitaux, Google précise que les données resteront en leur contrôle. Les informations communiquées à l’intelligence artificielle seront chiffrées. De plus, le géant de Mountain View n’aura aucun moyen d’y accéder. Toutes les données resteront stockées par les hôpitaux. Elles ne seront pas utilisées pour entraîner le modèle linguistique.

À ce stade, il s’avère que Med-PaLM 2 n’est pas encore totalement au point. Comme les autres modèles de langage apparus ces derniers mois, l’IA de Google manque de temps en temps de précision et délivre des informations qui ne sont pas pertinentes par rapport à la requête. Il semble que Med-PaLM 2 a également tendance à « halluciner », c’est-à-dire à générer des informations erronées avec aplomb. D’après certains professionnels interrogés, l’IA a donc besoin d’autres tests avant de pouvoir diagnostiquer les patients et recommander les traitements adéquats. C’est pourquoi Google mise sur un déploiement progressif.

L’accélération de Google

Malgré une foule de projets de recherche et d’avancées liées à l’IA, Google a fini par prendre un peu retard dans le domaine de l’IA par excès de prudence. Cette frilosité a permis à ses concurrents plus téméraires de prendre la tête de la course à l’IA. Sans abandonner complètement ses principes de prudence, le géant de Mountain View parait néanmoins avoir décidé de passer à la vitesse supérieure. Google a notamment déployé Bard, une alternative à ChatGPT, dans de nombreux pays avant d’annoncer l’arrivée d’un nouveau moteur de recherche dopé à l’IA. Med-PaLM 2, déjà en cours de test, s’inscrit dans le cadre de cette offensive.

Source :

Wall Street Journal



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