au procès Griveaux-Pavlenski, « œuvre » artistique ou « terreur 2.0 »

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L’artiste russe Piotr Pavlenski et sa compagne Alexandra de Taddeo, tenant son livre « L’Amour L’Amour », se présentent à leur procès après que le couple a divulgué des vidéos intimes de Benjamin Griveaux, à Paris, le 28 juin 2023.

On n’entend que lui, on ne voit qu’elle. Piotr Pavlenski et Alexandra de Taddeo sont entrés dans la salle d’audience comme deux vedettes en scène. Ou plutôt en promotion. Elle tient son nouveau livre tout contre elle, couverture bien tournée vers le public. Robe à sequins bleu piscine, scintillante des ongles au sourire ; lui tout en noir, jusqu’au regard.

La salle comble se retourne. Car l’audience avait commencé depuis une heure, sans ceux que l’on juge pourtant ce mercredi 28 juin. La présidente de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris faisait justement le récit des faits qui leur sont reprochés. Tous deux sont accusés d’avoir, le 12 février 2020, publié des vidéos intimes de Benjamin Griveaux, figure de la Macronie, député et alors candidat aux élections municipales à Paris. Deux jours plus tard, il se retirait de la course à la mairie, puis de la politique.

En 2018, alors porte-parole du gouvernement, il échange avec Alexandra de Taddeo sur les réseaux sociaux, avant une relation physique. Elle en garde des captures d’écran de vidéos « à caractère masturbatoire » envoyées par Benjamin Griveaux.

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Deux ans plus tard, Piotr Pavlenski revendique leur publication sur un site intitulé Pornopolitique. Objectif : dénoncer « l’hypocrisie » de « la propagande du puritanisme » par des hommes politiques, qui feraient tout le contraire dans leur vie personnelle. Un nouvel « événement artistique » pour le performeur russe de 39 ans, célèbre après s’être cloué les testicules sur la place Rouge, à Moscou, pour protester contre « l’Etat policier » russe ou encore cousu la bouche en soutien aux Pussy Riots.

La « règle du silence » de Pavlenski

Ce mercredi matin, il devait simplement décliner son identité face au tribunal, mais le voilà déjà parti dans une diatribe politico-artistique colorée d’accent slave, dénonçant « le tribunal des conservateurs » : « Aujourd’hui aura lieu le jugement de mon huitième événement d’art sujet-objet, l’événement pornopolitique. » La présidente tente de l’interrompre. Peine perdue. Applaudissements dans la salle. Fin du premier acte d’une audience lunaire.

Alexandra De Taddeo s’avance à la barre, réitérant son soutien inconditionnel à son compagnon, « grand artiste contemporain » qu’elle « admire ». Lui a-t-elle donné ces captures ? Non, assure-t-elle, il les aurait dérobées. Pourquoi les avait-elle gardées ? Un moyen de se « protéger », elle la jeune étudiante face à un homme de pouvoir plus âgé. « A aucun moment je n’ai voulu le piéger », répète-t-elle, 32 ans aujourd’hui.

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