Au Parlement européen, la loi sur la restauration de la nature sauvée mais amoindrie

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Des eurodéputés réagissent après le vote sur la loi de restauration de la nature de l’UE, en session plénière au Parlement européen, à Strasbourg, le 12 juillet 2023.

Après des semaines d’une bagarre intense, qui s’est livrée aussi bien dans les couloirs du Parlement européen que dans son hémicycle, les conservateurs du PPE et l’extrême droite ne sont pas parvenus à tuer la loi sur la restauration de la nature, censée transcrire dans le droit communautaire l’accord de Montréal sur la biodiversité. Mais ils ont réussi à largement vider de sa substance ce texte qui devait permettre de restaurer les espaces terrestres et marins abîmés.

Dans un premier temps, mercredi 12 juillet, à Strasbourg, les eurodéputés ont rejeté la motion de rejet du projet législatif, à 12 voix près (sur 648). Ils ont ensuite adopté quelque 140 amendements qui ont profondément dénaturé le texte, avant de se prononcer sur cette nouvelle version, minimaliste donc, qui a été adoptée, cette fois, avec 36 voix d’avance. « Il n’y a plus aucune obligation de résultat dans ce texte final », regrette l’eurodéputé macroniste Pascal Canfin, président de la commission environnement du Parlement européen. Le texte final prévoit même des conditions dans lesquelles l’application de la loi peut être suspendue. Pour Sergiy Moroz, du WWF, le Parlement européen a payé « le prix fort » pour sauver la loi sur la restauration de la nature.

Les libéraux de Renew et les sociaux-démocrates (S&D) se sont néanmoins largement mobilisés pour que cette loi soit votée. Quant aux Verts, ils ont préféré apporter leur soutien à ce que Philippe Lamberts, président de leur groupe au Parlement européen, appelle « un texte émasculé » plutôt que d’enterrer en bonne et due forme le sujet. « Si l’UE n’avait pas voté une loi pour transcrire l’accord de Montréal, cela aurait tué la dynamique ailleurs dans le monde », justifie Pascal Canfin.

« Une victoire au goût amer »

Le Parlement européen va désormais négocier avec les Etats membres afin de trouver un compromis final. Mais les copies des eurodéputés et des gouvernements sont en réalité très proches et il n’y a aucune chance que ces discussions permettent d’en rehausser l’ambition. « Le texte est totalement vidé de sa substance », a twitté l’élue (LR) Anne Sander. Sur le fonds, donc, le PPE a obtenu gain de cause, même s’il n’a pas voté pour le texte final.

Mais d’un point de vue politique, c’est le camp d’en face – Renew, S&D, Verts et la gauche radicale (The Left) – qui a gagné. « On a gagné la bataille du symbole, pas celle de la substance », résume Philippe Lamberts. L’eurodéputée écologiste Caroline Roose a reconnu une « victoire au goût amer ». Manfred Weber, le président du PPE, juge que « c’est une victoire creuse ».

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