au moins 87 corps enterrés dans une fosse commune au Darfour, selon l’ONU

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Dans le nord de Khartoum, où s’affrontent les paramilitaires et l’armée, le 1er mai 2023.

Les corps d’au moins 87 personnes qui auraient été tuées le mois dernier au Soudan par les forces paramilitaires et leurs alliés ont été enterrés dans une fosse commune au Darfour, a signalé l’ONU jeudi 13 juillet. Selon des informations crédibles recueillies par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, ces personnes ont été tuées entre le 13 et le 21 juin dans les districts d’Al-Madaress et d’Al-Jamarek à Al-Geneina, la capitale de l’Etat du Darfour occidental. Parmi les personnes tuées figurent des membres de l’ethnie masalit, selon le communiqué de l’ONU.

Le conflit au Soudan oppose depuis le 15 avril l’armée, dirigée par le général Abdel Fattah Al-Burhan, aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohammed Hamdan Daglo. Autrefois alliés, les deux généraux se disputent désormais le pouvoir, qu’ils semblent déterminés à obtenir par les armes.

« Protéger la dignité »

C’est sur les ordres des paramilitaires que la population locale a été forcée de déposer les corps dans la fosse commune, précise l’ONU. Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, « condamne avec la plus grande fermeté le meurtre de civils et de personnes ne participant pas aux combats » et se dit « consterné » par le manque de respect accordé aux morts, à leurs familles et communautés. Il demande « une enquête rapide, approfondie et indépendante » et que les responsables soient jugés.

Selon l’ONU, il y a parmi les personnes tuées « de nombreuses victimes des violences qui ont suivi l’assassinat du gouverneur du Darfour occidental, Khamis Abdallah Abakar, le 14 juin, peu après qu’il avait été arrêté par les FSR ». Après ces violences, de nombreux corps ont été laissés dans les rues pendant plusieurs jours, et des témoins ont déclaré au Haut-Commissariat que les blessés n’avaient pas été autorisés à être évacués vers les hôpitaux. Certaines personnes sont ainsi mortes faute d’avoir pu être soignées.

Le Haut-Commissaire demande aux paramilitaires de « protéger la dignité » des morts et de répertorier – ou de permettre aux travailleurs humanitaires de s’en charger – toutes les informations disponibles permettant de les identifier et de rendre leurs dépouilles à leurs familles. Il appelle par ailleurs les dirigeants des paramilitaires « à mettre fin à la violence et aux discours de haine contre les personnes fondés sur leur appartenance ethnique ».

Le Monde avec AFP



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