Au Maroc, un dirigeant islamiste condamné trente ans après pour le meurtre d’un étudiant

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La justice marocaine a condamné, mardi 11 juillet, à trois ans de prison ferme un dirigeant du principal parti islamiste, accusé de la mort d’un étudiant d’extrême gauche, une affaire qui avait suscité la controverse qui remonte à trente ans, a-t-on appris auprès de la défense.

Abdelali Hamieddine a été reconnu coupable de « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner » par la chambre criminelle de première instance du tribunal de Fès (nord-est).

Il a en outre été condamné à verser des dommages et intérêts à hauteur de 40 000 dirhams (plus de 3 700 euros), une somme considérable au Maroc.

Ce haut responsable du Parti Justice et Développement (PJD, islamo-conservateur) était poursuivi pour « homicide volontaire » mais l’acte d’accusation a été requalifié pendant le procès, selon son avocat Omar Haloui, qui va interjeter appel mercredi.

M. Hamieddine a été laissé en liberté provisoire à l’issue du procès. Il sera incarcéré si sa peine est confirmée en appel. Ce cadre du PJD, au pouvoir au Maroc de 2011 à 2021, était jugé à la suite de la mort en 1993 de Mohamed Ait Ljid, au cours d’affrontements avec des militants islamistes près d’une université de Fès.

Nouvelle plainte

Les heurts entre étudiants de la gauche radicale et islamistes ne sont pas inhabituels dans certaines universités marocaines, notamment à Fès, la capitale spirituelle du royaume. En avril 2014, des rixes entre gauchistes et islamistes avaient fait un mort parmi ces derniers à Fès.

A l’issue d’un premier procès en 1994, M. Hamieddine, alors étudiant à Fès, s’était vu infliger une peine de deux ans de prison pour avoir participé à « une rixe (…) ayant entraîné la mort ».

Mais la justice avait décidé de le rejuger après le dépôt d’une nouvelle plainte des proches de la victime en 2017. Ouvert en décembre 2018, ce nouveau procès qui s’est clos mardi a été critiqué par le PJD, considérant que la loi marocaine « interdit de juger deux fois la même personne pour les mêmes faits ».

Pour la partie civile en revanche, il s’agit d’une seule et même affaire. Le PJD a apporté son soutien à Abdelali Hamieddine, estimant que ce parti d’opposition était « ciblé » par ce procès. Après avoir dirigé deux coalitions gouvernementales pendant une décennie, le PJD a subi une déroute électorale aux dernières législatives de septembre 2021, n’obtenant que treize élus à la Chambre des représentants.

Le Monde



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