Au Guatemala, la Cour constitutionnelle demande la suspension provisoire des résultats du premier tour de la présidentielle

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Des personnes manifestent devant le Tribunal supérieur électoral pour réclamer de nouvelles élections, arguant d’une fraude électorale présumée, dans la ville de Guatemala, le 2 juillet 2023.

La Cour constitutionnelle du Guatemala a ordonné au Tribunal supérieur électoral, samedi 1er juillet, de suspendre temporairement l’officialisation des résultats du premier tour de l’élection présidentielle du 25 juin.

Elle avait été saisie, vendredi, par neuf partis de droite dont celui du président sortant Alejandro Giammattei, Vamos. La formation a invoqué un « risque et une menace imminente » de voir des postes distribués avant que les présumés « vices » du scrutin ne soient portés à l’attention des commissions électorales, selon la Cour.

La plus haute juridiction du pays a demandé la convocation d’« une nouvelle audience de révision des votes ». Outre le premier tour de l’élection présidentielle (dont le deuxième tour est prévu le 20 août), des législatives et des municipales se tenaient le même jour.

Des contestations dès le lendemain du vote

A la surprise générale, deux sociaux-démocrates s’étaient retrouvés en tête des vingt-deux candidats à la présidence au premier tour, marqué par une forte abstention et un grand nombre de bulletins nuls.

Favorite des sondages et candidate malheureuse à plusieurs reprises auparavant, Sandra Torres, ex-épouse de l’ancien président de gauche Alvaro Colom (2008-2012), avait obtenu 15,86 % des voix. Le député Bernardo Arevalo, fils du premier président démocratiquement élu du pays, Juan José Arevalo (1945-1951), avait créé la surprise avec 11,77 %. Il était placé en huitième position avec 2,9 % des intentions de vote dans le dernier sondage de l’institut Prodatos.

Ces résultats marquaient une rupture après trois présidences de droite successives : Otto Perez (2012-2015), Jimmy Morales (2016-2020) et le président sortant Alejandro Giammattei.

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Les contestations et la dénonciation de fraudes supposées aux élections avaient débuté dès le lendemain du premier tour. « Les élections doivent être refaites », avait exigé vendredi l’avocat du parti Valor (courage), formation de Zury Rios, fille de l’ex-dictateur Efrain Rios Montt (1982-1983) et arrivée sixième au premier tour. Ce parti a dénoncé une « fraude » avec la modification supposée d’un millier de procès-verbaux soit 0,82 % du total.

« Menace pour la démocratie »

Dimanche, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a déclaré que la remise en cause des élections représente au Guatemala « une grave menace pour la démocratie avec des implications de grande envergure ». « Les mesures destinées à interférer dans le résultat des élections violent l’esprit de la constitution du Guatemala et menacent la légitimité du processus démocratique », a-t-il fait valoir.

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La mission d’observation électorale de l’Union européenne (UE) a appelé, dans un communiqué, « les institutions judiciaires et les partis politiques à respecter la volonté claire des citoyens exprimée librement lors des élections du 25 juin ». Le 27 juin, deux jours après le vote, l’UE avait mis en garde contre « la détérioration de l’Etat de droit et la judiciarisation d’événements électoraux à des fins purement politiques », soulignant « le fort engagement des citoyens pour la démocratie et les valeurs civiques ».

De son côté, l’Organisation des Etats Américains (OEA) a appelé « les pouvoirs de l’Etat, législatif, judiciaire et exécutif, à respecter la séparation des pouvoirs, l’intégrité du processus électoral, ainsi que les travaux et conclusions effectués dans ce processus ». « Le respect de l’expression du peuple par le vote est essentiel pour maintenir la pleine confiance des citoyens et de la communauté internationale dans le scrutin », a ajouté l’organisation régionale dans un communiqué.

Le Guatemala est l’un des pays les plus inégalitaires d’Amérique latine, juge la Banque mondiale, avec 10,3 millions de ses 17,6 millions d’habitants qui vivent sous le seuil de pauvreté et un enfant sur deux qui souffre de dénutrition chronique selon les Nations unies.

Le Monde avec AFP



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