après sa parenthèse basque, le grand barnum débarque en France dans un contexte sécuritaire tendu

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Lors de la première étape du Tour, des spectateurs ont déployé une banderole « Justice pour Nahel » sur les bords des routes du Pays basque espagnol, le 1er juillet 2023.

Depuis le 1er juillet, le Tour de France sillonne les routes du Pays basque espagnol, loin de la colère qui agite l’Hexagone depuis la mort de Nahel M., 17 ans, tué par un policier à Nanterre. Lundi 3 juillet, le grand barnum s’apprête à traverser la frontière pour poser ses valises aux environs de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), théâtre de l’épilogue de la troisième étape de la 110e édition de l’épreuve cycliste. A l’occasion de son retour sur le sol français, il risque aussi de retrouver une réalité : celle de tensions toujours vives, se traduisant par des violences, le plus souvent nocturnes, un peu partout sur le territoire.

Interrogée sur le contexte sécuritaire, l’organisation de la Grande boucle reste sur sa ligne : « Nous sommes en contact permanent avec les services de l’Etat et nous suivons la situation avec attention. » Avec pour maître-mot, « adaptation ». Au total, 33 000 membres des forces de l’ordre sont mobilisés au long des trois semaines de course ; un nombre important alors que ces dernières sont amenées à intervenir sur les points de tension à travers le pays.

Se pose également la question de la sécurisation du matériel, des installations du départ ou de l’arrivée, aux équipements des formations engagées, en passant par la caravane publicitaire… Face aux émeutes, le gouvernement avait annoncé, vendredi, « l’annulation d’événements de grande ampleur mobilisant des effectifs et pouvant présenter des risques d’ordre public en fonction de situations locales ». Le Tour s’est retrouvé en équilibre – en 2020, en dépit de la pandémie de Covid-19, l’épreuve avait pu être maintenue ; mais elle avait été reportée de deux mois, à septembre 2020.

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« Je m’en tiens à la course »

De quoi préoccuper ses participants ? Dans le paddock, ils sont plusieurs à botter en touche. Rod Ellingworth, directeur de course de la formation britannique Ineos-Grenadiers, résumait, samedi, avant l’étape inaugurale : « Ce n’est pas à moi de commenter, mais plutôt aux autorités qui travaillent énormément. » On se focalise avant tout sur l’enjeu sportif, répondent d’autres responsables d’équipes étrangères. Une dimension confirmée, dimanche 2 juillet, par le maillot jaune Adam Yates (UAE Emirates), en conférence de presse : « Je suis tellement dans le jus, je ne sais même pas de quoi vous me parlez. Je m’en tiens à la course. »

Côté français, le son de cloche est un peu différent. « On suit l’actualité, même si on est dans notre bulle », fait valoir le Normand Anthony Delaplace d’Arkéa-Samsic. « Le contexte est différent de d’habitude », prolonge Adrien Petit. « Tous les matins, je m’informe sur ce qu’il s’est passé dans la nuit », développe le coureur de l’équipe belge Intermarché-Circus-Wanty.

« Forcément on est inquiet, on n’est pas insensible à ce qu’il se passe en France. Maintenant, il n’y a pas grand-chose que l’on puisse faire nous de notre côté, reconnaît Philippe Mauduit, directeur sportif de Groupama-FDJ. On attend des infos de l’organisation, on attend des infos des forces de l’ordre, et on se pliera à ce qu’ils nous demanderont de faire. » Mais en attendant de franchir pour la première fois la frontière française, et de débuter près de trois semaines de transhumance sur les routes de France, pour l’instant, « c’est silence radio ».



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