Après l’explosion rue Saint-Jacques, les riverains sinistrés face à la difficile question du relogement

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 Deux femmes habitant près du lieu de l’explosion regardent la rue Saint-Jacques, place Alphonse Laveran, le 27 juin 2023.

Un peu plus de trois semaines après l’explosion suivie d’un incendie de l’immeuble situé 277, rue Saint-Jacques à Paris, l’amas de blocs de pierre et de poutres projetés sur la rue a disparu. Mais des pavés descellés, des débris de verre et des cendres témoignent encore de la violence de la déflagration qui a secoué le quartier sur plusieurs centaines de mètres à la ronde, le 21 juin à 16 h 55.

Cinq immeubles de la rue sont soumis à un arrêté d’interdiction d’accès et d’occupation : les numéros 271, 273 et 275, et en face, les numéros 284-286-288-290 et 292-294. Certaines de leurs vitres brisées ont été remplacées par des panneaux de bois. Pour éviter les intrusions et les pillages potentiels, l’accès à la zone est barré, et gardé jour et nuit par la police. Il en va de même pour la place Alphonse Laverand voisine, dont les commerces n’ont pas pu rouvrir. Deux camions équipés de nacelles élévatrices sont toujours sur place.

Le petit immeuble du 275, mitoyen de celui qui a été soufflé, est le plus endommagé. Il porte toujours les traces de suie de l’incendie, sa toiture est emprisonnée dans un filet de sécurité, et son porche et ses fenêtres sont étayés par des enchevêtrements d’énormes poutres en bois. Louisa (les personnes citées par leur prénom souhaitent conserver leur anonymat) y vivait depuis sept ans. La pimpante quinquagénaire arbore une robe verte, cadeau de la patronne de la boutique de vêtements et objets asiatiques du coin de la rue puisque « [sa] vie tout entière tient dans [son] sac à main » depuis qu’elle a quitté son appartement, un quart d’heure avant l’explosion du 21 juin. Ce jour-là, sa fille, étudiante, était heureusement « en partiels à la fac ».

Amis, bailleurs sociaux, assureurs

La professeure d’histoire-géographie évoque avec émotion l’Australien Peter Carman, président septuagénaire de la Paris American Academy, l’école de design bilingue située au 277, rue Saint-Jacques, désormais réduite à néant. « Il ôtait toujours son chapeau lorsqu’on se croisait et je lui faisais la révérence en retour », dit-elle. Grièvement brûlé, ce monsieur portant catogan, figure du quartier depuis les années 1970, est toujours en urgence absolue et plongé dans un coma artificiel à l’hôpital. Selon une source judiciaire, une autre personne demeure en urgence absolue et 46 restent hospitalisées en urgence relative. L’explosion et l’incendie ont fait deux victimes : une femme a été retrouvée le 27 juin dans les décombres de l’immeuble ; une autre a succombé à ses blessures le 7 juillet.

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