après les déclarations d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal tempère


Il y a la communication tonitruante du président de la République déclarant, dans un entretien au Point, le 23 août, qu’il y a « trop de vacances » et qu’il « faut qu’on puisse (…) faire rentrer dès le 20 août » les élèves « qu’on aura évalués, et qui en ont besoin », pour pouvoir faire « du rattrapage ». Et il y a la traduction concrète d’une annonce qui s’apparente à des mesures déjà existantes, comme l’a montré le ministre de l’éducation nationale lors d’un court déplacement sur un « stage de réussite » à Torcy (Seine-et-Marne), vendredi 25 août.
Moins de deux jours après la prise de parole d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal s’est rendu dans l’école L’Arche-Guédon, située dans un quartier prioritaire, pour rencontrer les élèves bénéficiant du dispositif, leurs enseignantes, ainsi que certains parents. Quatorze enfants, dont les parents ont accepté qu’ils participent à ce stage de cinq jours à la fin des vacances, sont là pour reprendre, en petits groupes, quelques fondamentaux en amont de la rentrée scolaire, mais aussi pour pratiquer des activités sportives et artistiques.
A l’échelle nationale, en 2022-2023, quelque 300 000 élèves de l’élémentaire au lycée, encadrés par 40 000 enseignants volontaires, ont participé à ces stages de remise à niveau organisés depuis des années durant les vacances scolaires (et notamment sur les deux dernières semaines d’août).
« Investir massivement »
L’occasion pour Gabriel Attal d’apporter quelques précisions sur l’idée présidentielle d’un retour anticipé des élèves, qui a laissé la communauté éducative en suspens. Loin d’évoquer une rentrée scolaire dès le 20 août, le ministre se contente d’expliquer que « le sens de ce chantier, c’est de continuer à développer [les stages de réussite] », répétant que « “vacances” ne doit pas rimer avec “perte de chances” ». Quelle nouveauté, alors que le principe des « vacances apprenantes » existe depuis une trentaine d’années ? « C’est qu’on va investir massivement pour les développer », répond-il, évoquant un objectif de « millions d’élèves » concernés, sans toutefois s’avancer sur un éventuel allongement de la durée des stages, ou sur le caractère systématique d’un dispositif qui, pour l’heure, cible déjà les élèves en difficulté mais ne revêt aucun caractère obligatoire.
« L’accord des parents est indispensable et leur adhésion au projet d’aide constitue un facteur d’efficacité de la prise en charge », peut-on d’ailleurs lire sur le site du ministère de l’éducation. A Torcy, tous ceux qui s’étaient vu proposer une participation au stage de réussite ne l’ont d’ailleurs pas acceptée, ou n’ont pas pu, pour des raisons d’organisation, y répondre favorablement.
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