Après l’enquête du Sénat, le gouvernement presse TikTok de se conformer aux règles européennes

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Le réseau social a jusqu’au 25 août pour se conformer aux exigences européennes, sous peine de se voir menacé de suspension.

Le réseau social TikTok devra fournir “avant la fin de l’année” un “état des lieux” sur sa mise en conformité avec les règles européennes de protection des données personnelles, a annoncé, mercredi 12 juillet, le ministre délégué au Numérique, Jean-Noël Barrot.

Celui-ci s’est engagé à venir présenter la réponse obtenue dans le même délai devant la commission d’enquête du Sénat, qui vient de rendre son rapport sur le fonctionnement et la “stratégie d’influence” de l’application d’origine chinoise.

“TikTok enfreint les règles européennes sur la protection des données personnelles. TikTok, avec ses algorithmes, conduit à l’enfermement et à l’isolement de ses utilisateurs, notamment les enfants”, a souligné Jean-Noël Barrot, interpellé dans l’hémicycle par le vice-président de la commission, André Gattolin.

Des questions géopolitiques

“Du fait de son 1,7 milliard de téléchargements et de ses liens avec la Chine, TikTok soulève des questions de géopolitique auxquelles nous devons être vigilants”, a ajouté le ministre.

“Dès le 25 août prochain”, date d’entrée en vigueur du règlement européen sur les services numériques, “TikTok devra comme toutes les grandes plateformes se soumettre aux obligations de transparence, d’audit des algorithmes, de prise en compte des risques que ces plateformes font peser sur la santé de leurs utilisateurs comme sur la sécurité publique”, a conclu Jean-Noël Barrot.

Dans son rapport présenté jeudi dernier, la commission d’enquête du Sénat avait appelé le gouvernement à suspendre l’application de vidéos courtes plébiscitée par les jeunes, si celle-ci ne clarifie pas avant le 1er janvier 2024 la nature de ses liens avec les autorités chinoises et ne met pas en place une modération “efficace” et un “contrôle effectif de l’âge”.

Influence chinoise

Les vidéos véhiculées par l’application, propriété de l’entreprise ByteDance, “pourraient être biaisées au profit d’autorités chinoises soucieuses d’alimenter des troubles susceptibles d’affaiblir l’image de la démocratie”, établissait la commission, alors que les réseaux sociaux sont accusés d’avoir participé à l’emballement des récentes violences urbaines en France.

“Nous sommes en profond désaccord avec les conclusions de ce rapport, qui ne reflète pas fidèlement les faits”, avait rétorqué le réseau social à l’AFP.

Le réseau, utilisé chaque mois par environ 150 millions d’Américains et le même nombre d’Européens, revendique une “séparation totale” avec ses entités en Chine mais est confronté à des limitations croissantes en Occident, notamment en raison de craintes en matière de cybersécurité.

Victoria Beurnez avec AFP



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