A Vilnius, le sommet des promesses et de l’ambiguïté entre Volodymyr Zelensky et ses alliés de l’OTAN

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Le premier ministre britannique, Rishi Sunak, le président américain, Joe Biden, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à Vilnius, le 12 juillet 2023.

La journée a été longue et compliquée, à défaut d’être historique. Dans le décor de l’université de Vilnius, en Lituanie, Joe Biden a cherché à étouffer toute idée de malentendu entre l’Alliance atlantique et l’Ukraine à l’issue d’un sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) marqué par le mouvement d’humeur du président Volodymyr Zelensky, venu défendre en vain la candidature de son pays à l’organisation. « Notre unité ne faiblira pas (…). Je vous le promets », a lancé le président américain devant un public acquis à la résistance ukrainienne, qui applaudit quand M. Biden se dit déterminé à « soutenir aussi longtemps que nécessaire » le pays agressé par la Russie.

Joe Biden venait de rencontrer Volodymyr Zelensky en tête-à-tête pendant plus d’une heure, dans l’imposant centre de conférence où se sont rassemblés les trente et un dirigeants des Etats membres de l’Alliance, sous haute surveillance, à moins de 40 kilomètres de la Biélorussie. La veille, son homologue ukrainien avait jugé « absurde » que les alliés, Etats-Unis en tête, n’ouvrent pas davantage les portes de l’alliance militaire à son pays, en lui offrant une invitation formelle, voire un calendrier, même après la fin de la guerre déclenchée voici plus de seize mois par le Kremlin. « J’attends avec impatience le jour où nous aurons une réunion pour célébrer votre adhésion officielle à l’OTAN », a alors affirmé Joe Biden à son homologue ukrainien.

Jeu de dupes ou propos sincères ? La question mérite d’être posée après le sommet tenu à Vilnius. Dès mardi, les alliés ont, sans surprise, douché les espoirs de Volodymyr Zelensky, en dépit du soutien affiché par la Pologne et les pays baltes, ainsi que par la France. La journée de mercredi a cependant permis d’arrondir les angles, avec la tenue d’un premier Conseil OTAN-Ukraine. « C’est assez significatif, cela va permettre de faciliter les formats de discussions sans demander systématiquement l’accord des trente et un alliés », souligne Camille Grand, ancien secrétaire général adjoint de l’OTAN. Une façon de contourner le veto de la Hongrie, prompte à bloquer la réunion de la simple commission OTAN-Ukraine préexistante.

Surtout, les Etats du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) – et non l’OTAN, qui n’arme pas directement Kiev – ont promis dans une déclaration commune de prolonger leur aide militaire tant que le conflit durera, et au-delà, afin de décourager la Russie de lancer de nouvelles offensives. Joe Biden y voit un engagement « puissant pour défendre l’Ukraine et reconstruire l’avenir ». Il est même prêt à s’inspirer des solides engagements pris par les Etats-Unis à l’égard d’Israël pour garantir la sécurité du pays envahi. « Ce que nous devons montrer collectivement, c’est que le temps joue désormais en faveur de l’Ukraine » et non de la Russie, a assuré le président français, Emmanuel Macron, après avoir dévoilé cette offre avec les autres chefs d’Etat et de gouvernement du G7.

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